Chemins du Christ

Un site d’information indépendant,
présentant de nombreux points de vue issus de
domaines de recherche et d’expériences divers.
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La conscience humaine, la terre et les chemins du Christ.
INTRODUCTION concernant le sens et l’utilisation de ce texte.
Depuis deux mille ans – et en comptant les prophéties qui ont précédé, on peut rajouter encore quelques millénaires de plus - de nombreux êtres humains ont témoigné et continuent à témoigner de leurs expériences directes avec Jésus Christ. Indépendamment de la différence de caractères, de tendances religieuses, philosophiques ou scientifiques, et malgré les contextes changeants, on retrouve des éléments de similitude. Ces expériences témoignent de l’actualité et de la réalité de la présence du Christ et également, de la possibilité, pour tous, de se préparer à accéder à des expériences semblables. Car les nouvelles facultés, activées il y a 2000 ans par le Christ, ne sont pas seulement d’ordre culturel-historique externes : ces voies d’éveil de la conscience, loin d’être simplement théoriques, sont pratiques et reproductibles. Elles sont examinées ici individuellement, de façon approfondie.
Au 12ème siècle, l’abbé Joachim de Fiore a prophétisé la venue d’un « Age du Saint Esprit », où des relations individuelles avec Dieu deviendraient l’apanage de tous, indépendamment des institutions. A notre époque, plusieurs courants sont présents, à travers le monde, qui s’efforcent d’incarner le Christ dans la forme humaine et qui perçoivent l’individu comme une cellule en voie de conscientisation dans le « Corps du Christ ».
Les visions qui y sont parfois associées, telles un « Retour du Christ » et une « Apocalypse » actuelle évoquent un phénomène plus ample qu’une simple « réincarnation » humaine du Christ.
Quelles sont les possibilités spécifiques de développement, disponibles actuellement pour l’être humain et pour la Terre, qui n’étaient pas encore données avant la vie terrestre de Jésus? C’est la question que nous allons examiner dans cette contribution qui se veut une impulsion pour stimuler une réflexion plus vaste.
A une époque :
- Où le phénomène de Jésus Christ est revendiqué et utilisé par de nombreuses théologies et dogmes, par des approches
historiques critiques, sémantiques, archéologiques, paléo-graphiques, socio-religieuses,
psychologiques, scientifiques, politiques…,
Pour ce faire, nous nous rattachons notamment à des expériences intérieures personnelles, ainsi qu’à d’autres sources et références mystiques. Les points de vue abordés sont pluridisciplinaires et proviennent de nombreux domaines d’expérience, pas seulement ceux de la théologie. Lorsqu’on aborde des points de vue spirituels, aucune pseudo-intériorité ne devrait détourner l’attention de la conscience politique. Les dogmes et la pensée « mécanistique » des sciences naturelles du siècle dernier ne peuvent certainement pas être acceptés, car ils sont l’expression d’un horizon restrictif, tout comme les points de vue des philosophies orientales, qui partent du principe qu’il n’existerait rien qui ne soit pas déjà contenu dans les anciens Vêdas de l’Inde, et qui concèdent que Jésus serait au mieux une sorte de « professeur de troisième catégorie » de ces dernières. Les textes et références fournis comme comparaison ne permettent pas de telles déductions. Pour les comprendre, il n’est donc pas besoin d’avoir lu certains livres spécifiques ni d’avoir des connaissances théologiques (il en va de même pour une liste bibliographique, en cours de constitution, pour ceux qui sont intéressés par la théologie – consultez les Liens).
Ces textes n’énoncent pas de dogme et ne sont pas l’expression d’une quelconque organisation religieuse. Ils ne sont pas non plus dirigés contre une quelconque Eglise ou communauté religieuse, ni contre la profession de foi apostolique, par exemple. Les personnes qui ont une opinion religieuse ou une vision du monde différentes, ou qui sont intéressées par les nouvelles tendances et connaissances de l’horizon chrétien, peuvent également trouver dans ces textes profonds qui ne sont ni dogmatiques, ni « dilués » des trésors d’inspiration. C’est pourquoi on y trouve également des indications sur la corrélation des chemins chrétiens, par rapport aux autres confessions ou tendances, comme par exemple, dans l’Evangile de St Jean, où ce qui est spécifiquement chrétien est mis en exergue dans un langage accessible aux chercheurs spirituels. Aujourd’hui, ce texte offre plusieurs voies d’accès et le style est également libre, car la recherche et l’exploration sont très différentes du prosélytisme. Même les Chrétiens qui préfèrent une foi simple sans réflexion profonde peuvent apprendre, au moyen de ces textes, à mieux entamer le dialogue avec des personnes d’autres horizons, en évitant les malentendus.Le texte veut s’adresser au lecteur au moyen de ses contenus.
« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas encore les comprendre. Mais lorsque cet esprit viendra, l’Esprit de Vérité, il vous guidera dans la Vérité » (Jean 16:12-13). C’est cet esprit qui inspire ce projet.
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Indications méthodologiques. Les 37 chapitres qui suivent sont basés sur les chemins des
Evangiles et la Révélation de St Jean. Il est conseillé de garder cette séquence et de
travailler également en parallèle avec l’Evangile selon St. Jean et avec l’Apocalypse. Pour ceux et celles qui, au-delà de la lecture, sont intéressés par une méthode d’accès plus intégrale aux connaissances, incluant des aspects de l’âme moins souvent abordés, nous suggérons qu’après l’étude concentrée du texte, ils se penchent sur l’Evangile correspondant, p.ex. celui de St. Jean, et qu’ils méditent après la lecture. (Jean et ses disciples s’intéressaient plus particulièrement aux aspects spirituels plus profonds des événements). Informations complémentaires sur la pratique de la méditation . |
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De tels propos ne sont pas destinés à minimiser l’exemple de Jésus en tant qu’humain, mais elles démontrent son lien profond avec Dieu et avec le processus de la Création. Ce genre de lien peut être considéré sous d’autres angles, mais de le déclarer incompréhensible et non authentique est inadmissible. On retrouve de telles affirmations dans l’Evangile selon St Jean 1, Jean 5, Jean 6,69, Jean 7... Matthieu 16,16, l’épître aux Colossiens et aux Ephésiens, etc., dans les anciens enseignements de l’Eglise, chez les mystiques tels que Jakob Böhme, Rudolf Steiner (Helsingfors 1912) : elles revivent dans les « enseignements ésotériques » du mage Daskalos tout comme dans les livres du théologien américain Matthew Fox « La Grande Bénédiction » et « Visions du Christ Cosmique » et d’autres œuvres encore.
Dans l’Eglise Catholique et certaines Eglises Evangéliques, on essaya de conserver la proximité de ce lien en le remplaçant par des articles de foi théoriques. D’autres Eglises Evangéliques, qui mettaient plutôt en avant les activités sociales de Jésus, ont cru nécessaire de laisser de côté ce qu’ils considéraient comme une sorte d’«arrogance divine» de Jésus. Dans les enseignements d’origine hindouiste, c’est un « Avatar » auquel on compare Jésus. Les Avatars (dont il existe divers degrés) sont des êtres humains qui ne sont pas sur Terre pour leur propre compte. Ce sont des entités venues de leur plein gré pour contribuer à l’avancement d’un peuple ou de l’humanité, telles des gouttes tombées de « l’océan divin de la Perfection ». Les différences entre une série d’Avatars sont souvent floues, dans ces considérations. La foi Judéo-chrétienne, quant à elle, met en avant les aspects du « Dieu historique » et du développement continu, et plus particulièrement, le rôle du Messie au sein de ce contexte.
Il faut noter que Jésus Christ est mentionné plusieurs fois dans le Coran en tant que prophète envoyé par Dieu, et qu’il est également reconnu comme « Parole » de Dieu, « créé comme Adam ». Jésus compte donc bien davantage dans un Islam bien compris qu’auprès de certains théologiens chrétiens modernes, qui n’ont laissé subsister que son rôle de réformateur social ! Ce n’est que la filiation de Jésus avec Dieu, dans le cadre de l’enseignement ultérieur de la Trinité, qui n’est pas acceptée dans le Coran. Et à cette époque, il n’y avait déjà plus de Chrétiens qui auraient pu expliquer la signification authentique de cette filiation de manière compréhensible à des personnes d’autres sociétés et cultures (consulter également la page spéciale « Jésus et l’Islam).
Il nous reste à retenir que cette strate du mystère du Christ n’est pas liée à la pensée spéculative mais plutôt aux expériences visionnaires en marge, comme on le voit clairement chez Jakob Böhme, qui avait également une capacité innée pour rendre accessibles aux autres des expériences vécues. Toutes les expériences spirituelles nécessitent un passage au crible de l’auto-critique et la critique, mais l’évaluation de leur portée doit néanmoins tenir compte de l’existence d’une telle base d’expérimentation.
La méditation des Evangiles est une introduction décrite sous « Indications méthodologiques ». C’est surtout ce texte qui a été utilisé pour se « brancher » sur le Christ comme une récepteur très sensible, plutôt que de se mettre en contact avec des forces dont on présume simplement qu’elles sont christiques. Le texte choisi provient d’une ancienne traduction de Luther, après examen de plusieurs autres versions traduites. Le texte original est en Grec. Par la suite, le texte en ancien Grec est reproduit dans sa transcription, pour permettre de mieux capter et ressentir les « vibrations » du langage. Pour cette méditation, on utilise le texte dans la langue maternelle du lecteur. Pour les autres parties des Evangiles et pour la Révélation elle-même, nous renvoyons le lecteur aux différentes traductions disponibles de la Bible.
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Jésus de Nazareth et sa naissance.
Plus loin dans les Evangiles, nous arrivons à des événements plus « humains ». La naissance de Jésus est traditionnellement liée à la fête de la nativité, à Noël, même si l’on peine de plus en plus à reconnaître ce lien de nos jours – Luc 1, 26ss ; Matth 1, 18ss. Il serait intéressant de se poser la question, au vu de l’importance capitale des « trois années d’enseignement » de Jésus, pourquoi les théologiens mettent autant d’acharnement à nier la naissance virginale de Jésus. Alors que l’ancien gnosticisme avait besoin de croire que Jésus n’avait eu qu’un corps de chair fictif, les autres croyances sont d’accord sur un point : Jésus a traversé toutes les étapes terrestres dans un corps de chair, incarnant et exprimant ainsi certaines normes et critères, sous forme de modèle, en quelque sorte. Un peu plus d’ouverture serait souhaitable dans cette thématique, pour le chercheur de vérité. A une époque où surgissent de nouveaux points de vue, en relation avec la transformation de la sexualité et de l’amour, provenant en partie de pratiques Orientales ou rappelant d’anciennes cérémonies de temples, il ne devrait pas être difficile de trouver un noyau de vérité dans cette naissance virginale. Les Bouddhistes qui décrivent également les circonstances exceptionnelles de la naissance du Bouddha, n’ont aucun problème avec la notion d’une naissance « virginale » de Jésus, ni avec une virginité au sens spirituel de l’âme, comme le prétend par exemple R. Steiner. Le Coran mentionne (comme la Bible) un ange, un envoyé de Dieu, qui annonce à la Vierge Marie la naissance de Jésus.
Il se pourrait que l’une des caractéristiques les plus marquantes de Jésus soit celle de ne rentrer dans aucun des schémas de pensée établis, dans aucun moule. Nous découvrirons encore d’autres caractéristiques spécifiques, tout au long du parcours de sa vie. Nous rencontrerons également la possibilité de « renaître »*), grâce au Christ, dans cette vie.
*) (Les pages allemande et anglaise contiennent des extraits de Jean 1 - 3:) Il ne s’agit pas d’une parabole, mais d’un passage biblique difficilement compréhensible, et pourtant d’une grande importance et précision pour ceux qui avaient l’expérience et les connaissances requises pour pouvoir le comprendre. Jésus ne disait rien qui était insignifiant ou dont la signification n’aurait pas pu être comprise ou intuitivement saisie par son interlocuteur. Dans le cours des chapitres de notre texte principal, p.ex. « Le silence dans le désert » et « la Transfiguration », entre autres, vous trouverez des détails qui faciliteront la compréhension du thème de « La nouvelle Naissance ».
Même pour ceux qui étaient moins concernés par le concept de la renaissance, la Fête de Noël était en relation avec ce thème, surtout autrefois, lorsqu’il y avait encore plus de calme. Les semaines de l’Avent qui précédaient les Fêtes préparaient la collectivité à une intériorisation de la naissance christique, tout comme le jeûne préparait l’âme à la Fête de la Pâque, autrefois. Il était ainsi possible de vivre (même s’il s’agissait d’une compréhension partielle) quelque chose qui, de nos jours, ne peut être vécu quasiment que dans de périodes de méditation intenses ou de prière prolongée, tellement nous sommes extériorisés, éparpillés et happés par les distractions extérieures.
Noël est une fête de l’amour, au sens vaste, un rappel que Jésus a été donné et s’est offert en cadeau à l’Humanité. Mais ceci n’en change pas le sens profond, à savoir, que nous pouvons également cheminer sur toutes les voies de Jésus. Comparez également le chapitre « Et le Verbe était Dieu » dans le texte principal.
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Trouve-t-on des éléments cruciaux dans les jeunes années de Jésus ?
Dans ce domaine, également, on attribue une importance parfois disproportionnée à cette période, dans certaines écritures spirituelles modernes. La Bible ne mentionne que le cantique de louange du sage Syméon et l’étonnement des érudits vis-à-vis des connaissances du garçon de 12 ans – St. Luc 2, 29-51. L’Evangile non biblique le plus authentique qui existe, sur les années d’enfance de Jésus, est sous forme de fragments et de récits (Editions Jakob Lorber). Il s’agit de « l’Evangile de Jacob ». Il conte des événements et des rencontres, mais on n’y trouve rien qui, selon une thèse moderne, puisse faire croire que Jésus aurait tout appris au sein de la communauté des Esséniens ou de celle de Qûmran, qui leur était proche. D’après d’autres théories, Jésus aurait séjourné dans des temples égyptiens ou grecs, selon d’autres encore, en Inde, etc. Il pourrait être intéressant de poursuivre cette piste en pensée, mais sans dogmatisme. Il s’y dessinerait alors le profil d’un Jésus sans appartenance particulière à une tendance particulière, et qui aurait été en contact étroit avec tous les principaux courants spirituels de son époque. Jésus aurait ainsi développé et exprimé ce qu’il était poussé à exprimer depuis son être intérieur, qui n’est pas forcément identique avec ce que d’autres pensent être important ou nécessaire. Cette expérience centrale, qui peut être vécue individuellement, est bien connue par certains. Elle fait éclater l’imaginaire psychologique par rapport à une « empreinte » et un comportement donnés. Pour des personnes fortement individualisées et pour les mystiques, cette attitude est même typique et peut se manifester dès la plus tendre enfance. Une peinture qui illustre cette tendance est celle de Levi, avec son « Evangile du Verseau » (1908), bien qu’elle soit quelque peu fantasque.
R. Steiner présente une scène, dans son « Cinquième Evangile », où Jésus aurait été très touché en comprenant, lors de son baptême dans le Jourdain, qu’il viendrait un temps où les communautés et les ordres ésotériques tels que celui des Esséniens, qui s’isolaient du monde extérieur, deviendraient contre-productives au but recherché. Leurs règles et leur respect des lois, qui comprenaient de nombreuses indications sur la purification corporelle, éthique et spirituelle, les maintiendraient écartées de la négativité, mais leur environnement en serait affecté. Une autre indication dans le trajet de vie de Jésus, où nous trouvons une impulsion biblique, est celle « d’être dans ce monde, mais pas de ce monde », et l’inclusion du monde dans le développement personnel. Ce qui illustre ce concept, c’est que Jésus enseignait à tous certaines choses qui étaient auparavant soumises au secret. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’ait pas d’abord transmis certains de ses enseignements en clair à ses disciples, qui étaient mieux préparés.En comparaison aux traditions des Mystères, qui étaient tenues au strict secret, il s’agit effectivement d’un changement historique majeur. On remarque d’ailleurs des tendances similaires dans le Bouddhisme Mahajâna, où la compassion pour tous les êtres est soudain fortement mise en avant. Mais c’est finalement visible surtout à notre époque où une spiritualité profonde est véritablement accessible à tous et où plus personne ne peut prétendre ne jamais en avoir entendu parler. Au vu du succès de l’ésotérisme « de pacotille », encore très superficiel, on peut imaginer que cette tendance n’a pas encore atteint le maximum. Il est évident que la pratique du secret comme par exemple celle de la bibliothèque du Vatican, a un caractère « pré-chrétien ».
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Une remarque en marge sur la thématique « Les deux garçons Jésus ».
Il faut mentionner sous cette rubrique l’interprétation de Steiner des différentes filiations de Jésus chez Matthieu et Luc sous forme de « deux garçons Jésus ». Il est incontestable que la nature divine du Christ ne pouvait se manifester que dans un seul être humain, il est dès lors assez amusant de voir comment l’intellect des anthroposophes et celui des théosophes en font un point de « querelle 1 ou 2 ». Il s’agit de bien autre chose, à savoir, de la question de l’accompagnement du développement humain du Christ et de son entourage par les forces de certaines entités de différentes cultures : Adam, Krishna, Bouddha, et Zarathoustra. Etant donné que ces domaines de recherche peuvent être bien plus multiples et profonds que nos consciences terrestres ne peuvent l’imaginer, des indications concrètes dans la littérature ne sont souvent pas plus exactes que ces considérations d’ordre plus général.
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Le baptême dans le Jourdain par Jean Baptiste.
La forme habituelle du baptême dans l’eau n’était pas un acte symbolique ni une appartenance à une communauté religieuse. L’immersion dans l’eau par quelqu’un d’expérimenté, Jean Baptiste dans ce cas, menait souvent à une expérience proche de la mort par noyade. Le baptême ressemblait en cela à des « initiations » ou des « épreuves initiatiques » anciennes, sauf qu’ici les expériences vécues n’étaient pas le but en soi, ni une méthode pour surmonter la peur de la mort : c’était le baptême qui en était la conclusion, c’est-à-dire un appel à la repentance, une « conversion » à la volonté du Dieu Créateur, dont le Royaume des Cieux était prédit comme étant proche Matth. 3, Jean 1.
Lorsque Jésus demande le baptême, Jean Baptiste ne se sent pas capable de l’aider, il donne son accord, mais il n’a pas de contrôle sur les événements, il ne peut que contempler les transformations majeures qui s’opèrent en Jésus, supérieures à celles qu’il aurait pu lui transmettre. S’il avait déjà prévu une forme de baptême supérieure au baptême par le feu de l’Esprit, par « Celui qui vient après lui », il devient témoin de l’Esprit de Dieu qui s’abaisse sur Jésus. Les Chrétiens ésotériques y voient la véritable naissance du Christ en Jésus, ce qui n’implique pas nécessairement l’idée que Jésus et le Christ auraient été deux Entités séparées sans aucun lien préalable.
De manière générale, le baptême, et plus particulièrement le « baptême par l’esprit », un terme utilisé de diverses façons par les églises non-institutionnelles, par exemple, peut être perçu comme une entrée dans une « nouvelle naissance » de l’Homme Jean 3. Le terme plus usité de « renaissance » est volontairement écarté ici à cause de la possible confusion avec réincarnation, quoique la question de la réincarnation apparaît également dans la Bible. Matth. 11, 14, par exemple, aborde cet aspect de manière plus apte à l’interprétation.
Au lieu de se focaliser sur des aspects théoriques-théologiques autour du caractère du baptême, nous devrions nous demander plutôt ce que signifie une telle « nouvelle naissance » sur le plan pratique, pour l’être humain : il peut aborder la totalité des aspects de sa vie à partir d’un niveau intérieur plus profond, tourné vers Dieu. Dieu peut « prendre forme » en l’être humain, et ce dernier devenir ainsi plus visiblement « en Son image et similitude ». Les mystiques l’appelaient « l’étincelle christique » dans le cœur, qui naît à la vie et commence à grandir en l’être humain. La personne qui médite peut aussi la voir sous forme d’image d’un enfant, qui se développe réellement, ou bien d’un enfant qui porte en son âme l’image de la Mère. Contrairement à une image intérieure faible et passagère, elle renvoie l’image forte d’un développement intérieur, qui ne peut pas être déclenché de manière volontaire. Cet enfant intérieur deviendra adulte et restera toujours accessible consciemment, même plus tard.
Pour ceux qui ont moins d’imagination, le même phénomène s’exprimera davantage sous forme de ressenti, d’impressions ou de pensées, ou simplement à travers des transformations dans leurs vies. Des œuvres d’art magnifiques telles la « Madone Sixtine » sont probablement nées de visions, et peuvent dès lors nous aider à contacter ces réalités intérieures.
Chez J. Lorber, on distingue 3 étapes différentes sur le « chemin vers la nouvelle naissance spirituelle » (Editions Lorber).
De même, la contemplation méditative, p.ex. de l’Evangile selon St Jean, est une pratique devenue de plus en plus rare, selon laquelle on travaille avec un chapitre jusqu’à ce qu’une partie de son contenu intérieur s’illumine clairement, dans la méditation ou dans le rêve, et révèle son contenu, qui sera transféré et appliqué dans la vie quotidienne. Voir les « indications méthodologiques » dans l’introduction.
Une caractéristique supplémentaire d’un chemin dans le sens de Jésus peut se voir ici : le développement et sa mesure sont transposés dans l’individu, par rapport à chaque être humain. Ce dernier peut développer la totalité de ce qu’il est à partir de lui-même et par l’interaction avec les éléments de la vie, de sa vie, sans avoir besoin forcément d’une institution médiatrice entre lui-même et son salut. Ce qui n’exclut bien sûr pas une entraide fraternelle. Le chemin doit être parcouru, suivi, compris, intériorisé ; il est conçu comme cela.
Malgré cela, l’expérience intérieure n’est pas supposée être un remplacement pour la prière au « Dieu extérieur » : « demeurez en moi, comme moi en vous » - Jean 15
Il n’y avait aucune contrainte à continuer de pratiquer le baptême par l’eau ou même le baptême par le feu (événement de la Pentecôte), après l’enseignement de Jésus. Même chez lui, le baptême n’était qu’une manifestation extérieure d’une nouvelle phase plus mûrie de son développement intérieur. Alors que le Baptiste enseignait encore « convertissez-vous et faites-vous baptiser », les disciples de Jésus enseignaient par la suite « Croyez » (c’est-à-dire, ouvrez-vous à cette force de la Foi) « et faites-vous baptiser ». Cette dernière partie était une concession faite aux fidèles de Jean le Baptiste. Quoi qu’il en soit, de part et d’autre, on baptisait des adultes, qui pouvaient se décider consciemment. Ce qui n’exclut pas qu’une sorte de bénédiction reviendrait de droit aux nouveaux-nés depuis plus de 2000 ans, mais il aurait mieux valu dissocier ces deux sortes de baptêmes, tout comme la question de l’appartenance d’un membre à une Eglise particulière. Les polémiques se tairaient ainsi d’elles-mêmes.
Par allusion à la venue d’un Messie en tant que Roi, prophétisée partout dans l’ancien Israël et connue de tous, le baptême permettait obligatoirement l’entrée dans ce nouveau royaume. Il était inutile de tenter d’expliquer aux gens de cette époque qu’il ne s’agissait pas d’un royaume extérieur, étatique, ni d’une organisation de l’Eglise, mais bien d’une communauté de tous ceux qui acceptent et voient Dieu comme leur Père, et qui, en tant que Fils et Filles nouvellement né/es, acceptent ce Père en leur âme. Cette certitude, doublée d’une attitude de fraternité de ces « Fils et Filles » entre eux et avec l’Homme et Fils de Dieu Jésus comme Frère aîné, forment le noyau des enseignements offerts aux êtres humains comme exemples à suivre. Dans l’ancien Israël, il y avait déjà, à côté de l’image d’un Dieu courroucé et jaloux, celle d’un Dieu le Père, mais il s’agissait plutôt du Père d’Abraham et de ses descendants. C’est à travers le peuple d’Abraham que Dieu était le Père de chacun. Il n’y a certainement que quelques rares individus de cette époque qui sont parvenus à l’expérience « directe » du Père, à se sentir guidés, dans leur âme et sur leur chemin de vie, par l’influence divine, à communiquer en tout instant avec Lui . Des individus qui, à travers ce lien avec un Dieu éternel, pouvaient déjà pressentir la transcendance de leur propre Etre. Dans la suite du chemin de Jésus, cet aspect s’ancre plus fortement, mais on reconnaît déjà ici ces dispositions.
Note : il est possible que les événements, mentionnés dans la Bible par rapport à Jésus dans le désert (y inclus des expériences avec Dieu non transmises par la Bible) aient pu se dérouler en vérité lors du baptême dans le Jourdain, ou bien qu’il y eut plusieurs phases de retraite, qui plus tard, se sont fusionnées en une seule, dans les Ecritures.
Aujourd’hui le baptême se fait par aspersion d’eau ou bien en s’y plongeant.Les Eglises reconnaissent au moins la validité du baptême entre elles, et par là, le fait que le fidèle est Chrétien. Les Eglises libérales préfèrent en général que le baptême soit un acte conscient, voulu par l’adulte, ou bien qu’un baptême se refasse à l’âge adulte. Une grande importance est également attribuée à l’expérience du baptême par l’esprit. (Au début, seuls les adultes étaient baptisés, sans exclure la bénédiction du baptême pour les enfants, sauf que dans ce cas, le caractère du baptême était quelque peu différent). Lors du baptême au sens ancien, il ne s’agissait pas de devenir membre d’une confession particulière, comme c’est le cas de nos jours dans les grandes Eglises.
Les Eglises reconnaissent également, en règle générale, qu’« en cas d’urgence », si aucun prêtre n’est disponible, chaque Chrétien qui est lui-même baptisé est apte à baptiser en prononçant les paroles: « Je te baptise au nom du Père, du Fils (Jésus Christ) et du Saint Esprit, Amen ».
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Au début de l’œuvre du Christ* - ou le Messie, en Hébreu : « l’Oint », Jésus est seul. Le baptême est suivi par 40 jours dans le désert et par les tentations (p.ex. Marc 1, 12-13.) Ce n’est qu’après qu’il appelle et trouve ses disciples.
Le désert symbolise la retraite extérieure et intérieure, qui permet d’autant mieux de devenir conscient et de se relier encore davantage avec un Dieu omniprésent. Cette préparation, prélude à tout le reste, est un chemin sérieux, pratiqué dans toutes les Religions, et indispensable pour reprendre contact avec la Source Divine, même si elle n’est pas le chemin complet. Jésus, lui aussi, connaît sur le plan de ses expériences une telle phase, qui offre plus que quelques périodes quotidiennes de contemplation.
Les Eglises, même celles qui parlent souvent d’intériorisation, en opposition par exemple à des démonstrations extérieures de paix, ne se donnent pas la peine de montrer un chemin véritablement praticable vers cette « paix intérieure ». Dans le culte ou l’office divin de plus de 30 Eglises, on découvre nulle part avec une présence adéquate l’élément du silence, de la contemplation du silence intérieur, de l’attente silencieuse après la prière. Chants, prières, culte, prédication, encore des chants, parfois accompagnés par la distraction d’une collecte, le tout s’enchaînant de manière presque ininterrompue, c’est presque une image de notre société stressée dans laquelle les êtres sont distraits, consciemment ou inconsciemment, de leur source intérieure profonde et inexplorée. Plus récemment, à cause de l’incessante recherche d’expériences par de nombreuses personnes, peu importe lesquelles, on distingue quelques légers progrès. Par-ci, par-là, on trouve l’offre de quelques séminaires différents de week-end, adaptés aux personnes intéressées, ou bien une mention de la possibilité d’études bibliques en groupe ou bien à domicile, mais bien souvent, il manque des directives. La plupart peuvent comprendre qu’une proximité avec Dieu nécessite un lieu de silence, et d’autres, que des valeurs sociales telles que l’auto-critique, la tolérance et l’exercice de la paix nécessitent également, à la base, de se déconnecter temporairement du « faire » extérieur. De reconnaître ce besoin et d’en tenir compte, de temps à autre, au sein de l’office serait un bon début, certes insuffisant, mais il aurait au moins l’avantage de rendre conscient et de ressentir ce besoin refoulé.
Le mystique Jakob Lorber mentionnait un conseil du Christ à l’Homme, concernant un « raccourci vers une nouvelle naissance », terme que nous préférons à celui de « renaissance » pour les raisons déjà énoncées dans le chapitre précédent. Voir également « De la Parole intérieure, Parole de Silence » éditions Lorber.
La pratique est la suivante : Celui/celle qui veut renaître dans le
Christ doit reconnaître ses péchés (erreurs), c’est-à-dire tout ce qui le
sépare de Dieu. Ce n’est pas la même chose que de se laisser convaincre d’être
un pécheur. Il doit sentir et reconnaître, au plus profond de soi-même, des
remords, et se convertir sincèrement. D’autre part, il doit décider de
rompre totalement avec le monde, entendons par là, les attachements et les
attitudes égoïstes, et se dévouer entièrement et totalement à Moi et à Mon
Amour, avoir une grande attirance pour Moi et Me rechercher avec ferveur.
Quotidiennement. Il doit se retirer des affaires mondaines, au moins durant sept
quarts d’heures, fenêtres et portes fermées, Il ne priera pas, ne lira pas,
mais passera ce temps dans le calme complet, en relation avec son être intérieur
et avec Moi. « Rendez vous dans la quiétude et croissez dans votre désir
et votre amour vers Moi! Si vous pratiquez de la sorte, après peu de temps,
vous verrez des éclairs et vous entendrez des tonnerres ; Ne vous effrayez
pas, n’ayez pas peur! Car je viens vers chacun d’entre vous en tant que
juge, avec la tempête, les éclairs et le tonnerre, et ensuite seulement avec
le souffle d’un Père aimant et bienveillant ! ... Voyez, c’est le chemin le
plus court et le plus efficace vers la pure renaissance, dans laquelle vous
trouverez la vie éternelle comme récompense. Tous les autres chemins sont plus
longs et plus incertains, car de nombreux sentiers sont dangereux et fréquentés
par les voleurs. Celui et celle qui ne porte pas de bouclier et qui n’est pas
bardé de ses armes atteindra difficilement le but!
Il est possible d’implorer le Saint Esprit (de Jésus)
de vous accorder une purification et une vision pénétrante ».
Les Yogis, par exemple, savent que les être humains pensent « ne pas avoir le temps ». Par conséquent, ils réduisent leurs discours de plusieurs heures à une demi-heure, voire à 10 minutes, jusqu’à ce que plus personne ne puisse plus prétendre qu’il n’a pas le temps. Même la période de silence, la plus brève, pendant laquelle les pensées, les émotions, les sensations sont entièrement acceptés et simplement observées, sans s’y attacher, développe une action, surtout si elle est doublée d’un « alignement» sur Dieu. Mais il ne remplace pas le silence prolongé. Dans l’Eglise Orientale, par exemple sur le Mont Athos, les moines pratiquent le « Kyrie (inspiration) Eleison (expiration) », qui signifie, Seigneur, aie pitié de moi, et l’utilisent comme outil de concentration. Voir p.ex. Kreichauf : « Les Pèlerins du Mont Athos. »
Un autre de défi de taille est également une Zen-sesshin, une méditation zen assise, qui s’est également parfois instaurée dans certains cloîtres chrétiens. Elle demande un silence constant, même en dehors des sessions de méditation, lors des repas pris en commun. Régulièrement, au bout de 3 jours, certains novices sont prêts à « craquer », pour passer soudain un cap, le quatrième jour, (un effet comparable avec celui du jeûne) et vivre les bienfaits d’une telle retraite difficile à décrire en mots.
Le silence crée l’ouverture, et l’alignement avec Dieu protège cette ouverture. Après une méditation, pour des raisons évidentes, il est conseillé de se préparer à retourner dans les situations et les turbulences du monde.
Il serait important de ramener dans le monde trépidant une parcelle de ce silence, pour apprendre à maintenir de plus en plus stablement une clarté de conscience. Ceci pourrait se traduire, individuellement, en se retirant juste après des événements compliqués ou difficiles, ou bien dès que possible, pour laisser place au calme et au silence qui ramènera l’ordre et la clarté intérieures. C’est-à-dire, on y amènera des contenus vécus, sans les analyser, on laissera le calme s’installer (et plus tard, on notera les impressions qui ont surgi), et on détendra progressivement tout le corps, tout en conservant la conscience globale de l’être, dans le sens d’une détente lucide.
Pour les rencontres, le travail en groupe, les séminaires et ateliers, concrètement, cela signifie qu’il ne faut pas aligner thème après thème de manière lassante et ininterrompue, mais qu’il est souhaitable de faire des courtes pauses, qui ne devraient pas être dissipées par la parole désordonnée et les rencontres. Elles devraient plutôt servir à simplement revoir le contenu et dans la mesure du possible de le « digérer », pour permettre à l’individu de se concentrer à nouveau sur une nouvelle thématique. Tout comme il est bon de savourer consciemment chaque mets, lors d’un bon repas. On trouve d’ailleurs de nombreuses correspondances entre la nourriture du corps et la « nourriture de l’esprit ».
Le processus qu’on pourrait appeler « laisser sédimenter dans le calme ce qui s’est passé », pour y puiser des forces vives pour le présent et l’avenir, n’est donc pas un refoulement, ni une mise à l’écart des problèmes.
C’est le point de départ à partir duquel les événements peuvent être élaborés et qu’ils peuvent fructifier. Ce n’est pas une perte de temps, au contraire : c’est un gain de temps parce que tout « glisse » mieux, dans le flux des énergies. Même des personnes spirituelles ne se rendent pas toujours compte de ce qu’ils perdent, sans cet espace de calme intérieur.
Déjà cette expérience spirituelle simple, celle du silence, contient des trésors secrets d’élévation. Mais tout ce qui est simple n’est pas forcément facile à réaliser. Le Christ parlait souvent de la simplicité de l’homme, qu’il faut d’abord révéler, pour que son chemin s’approche de plus en plus d’horizons plus amples et plus complexes. Au sein de cette complexité, il y verra alors y briller le fond de sa véritable simplicité.
Dans le silence concentré, un contenu intérieur qui vient d’être compris par un travail intérieur ou par la grâce pourra s’ancrer profondément, et il ne pourra plus être « mangé par les mites » (voir Matth. 4). Il viendra s’insérer, telle la pierre d’une mosaïque, dans le reste de l’être. Le silence peut aller si loin que la « vie », la totalité de ce qui en nous grandit vers l’image et la similitude, peut être ressentie. C’est de cette manière que nous parvenons à vivre le mystère de la « renaissance en Dieu ».
Lors de cette retraite dans de calme volontaire, nous avons un aperçu de ses possibilités si nous sentons soudain un relâchement, une détente au niveau de la tête, que nous sentons les énergies de notre cœur, et la détente de nos membres. C’est comme si quelque chose parvenait à nous traverser, une sorte de « mouvement intérieur », qui nous fait prendre conscience que le contenu est assimilé. Sans cela, l’essentiel reste bloqué, ce qui peut poser des problèmes dans les rêves (qui ne peuvent que partiellement travailler sur les contenus) mais aussi se manifester sous forme de maladies ou de troubles divers.
* Christ est un titre. Les premiers chrétiens ont utilisé des orthographes différentes de "Christ". Le plus connu est Grec "Christos", en Hébreu "Messie" = "l'oint". Mais il y a aussi Grec "Chrestos" = le bon, le Saint; et, rare, "Chrystos", de Grec "chrysos" = doré / brillant.
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Les tentations et le choix des disciples.
Jésus lui-même a dû apprendre, à travers ses facultés humaines, et les dédier de plus en plus à Dieu. Après 40 jours de jeûne dans le désert, apparaît le « tentateur ». P.ex. Matth. 4, 1-11. Même à petite échelle, des forces destructrices peuvent prendre forme, tant sur les chemins intérieurs que dans la vie. Il faut nommer d’abord ici les tendances qui se sont rendues indépendantes dans l’être lui-même et qui ne font pas appel au cœur ni à Dieu. Ce sont des formes-pensées indépendantes ainsi que des volontés indépendantes, c’est à ceci que fait allusion le fait de « manger le fruit de l’arbre de la connaissance ». Ce sont des caractéristiques « durcissantes», solidifiantes, qui nous lient au matériel, ancrées profondément dans l’inconscient ; on peut leur opposer une résistance, et elles peuvent même être reconnues, mais elles ne sont finalement surpassées que dans les profondeurs de l’être. Le renoncement volontaire et conscient, le « pouvoir avoir » plutôt que « devoir avoir » et le travail éthique avec ces aspects, représentent un entraînement pour vaincre ces forces d’opposition.
Les désirs contraires mènent par contre à une fuite et au refoulement des problèmes matériels, et peuvent s’insinuer jusque dans les domaines spirituels. Parfois on oublie que ce n’est que le revers de la même médaille « négative » et que les deux faces sont intimement liées. Ce deuxième domaine est déjà plus accessible, à notre époque, et par conséquent, il est plus facile à « nettoyer ». L’un des outils pour cette conversion est la compassion et le libre don de l’amour.
Une autre caractéristique est en relation avec la soif du pouvoir. Pour transformer cette illusion, il faut le courage de la vérité inconditionnelle et la tolérance qui est basée sur elle, ainsi que la solidarité dans les relations avec les autres.
En règle générale, il manque aux personnes qui sont touchées, dans ces domaines, une individualité forte et en même temps altruiste, qui leur permettrait d’inverser ces penchants glissant vers le négatif et de les remplir avec d’autres contenus.
Dans Matthieu 4, Jésus est soumis à ces impulsions qui tentent de le séduire, appelées « Satan » ou « Diable ». Nous remarquons qu’il ne mentionne pas simplement le « contraire », mais qu’il va au-delà de la polarité et du va-et-vient des forces négatives : « La parole de Dieu », « le Seigneur, Dieu » et « Dieu, le Seigneur, qu’il faut prier et auquel il faut seul se dévouer ». Le Christ se place au-delà de la dualité obscurité et (fausse)-lumière et il les surpasse par son troisième chemin, la voie supérieure, comme on pourra le voir par la suite des enseignements.
Une brève remarque en marge : on lit souvent à tort que le Zoroastrisme et la Chrétienté, respectivement les religions du Proche Orient, seraient dualistes. Ceci n’est pas vrai par rapport à leurs origines (voir page spéciale «Zarathoustra», part 4).
Rudolf Steiner a décrit (avec la vision de l’esprit) les deux principales forces négatives comme des entités séparées. Il est bon de considérer ces deux aspects, mais en dehors de la vision spirituelle, il n’est pas tout à fait justifié que les Anthroposophes dénient la vision d’une entité unique qui contiendrait les deux aspects. Ces tendances apparaissent souvent si mélangées qu’en dernier lieu, des forces anti-divines peuvent être traitées comme un ensemble, qui n’est pas constitué par plusieurs dieux, mais qui font face au Christ Dieu, avec tout ce qui œuvre dans son sens.
Il existe cependant d’autres voies spirituelles qui ferment un œil à ce sujet et qui considèrent que tout ce qui aspire à l’élévation est divin.
Les théologiens évangéliques modernes, pour leur part, ferment même les deux yeux en même
temps lorsqu’ils contestent l’existence d’entités destructives, par exemple sous prétexte qu’elles
ne sont mentionnées qu’en très peu d’endroits dans la Bible. Ils oublient qu’il ne s’agit
pas d’imagination mais d’expériences pratiques et concrètes qui n’ont pas seulement été l’apanage
de l’antiquité.
Update
English / Deutsch
Sans la peur et d’autres sentiments négatifs, les forces destructives n’ont pas d’emprise directe ; il peut donc également s’agir d’un mécanisme de défense pour ne pas « peindre le diable sur la muraille », ce qui est valable aussi par rapport aux peurs attisées par les religions. Aujourd’hui, on pourrait finalement aboutir à la réalisation qu’une « augmentation » de la négativité, représenterait plutôt des potentiels déjà existants, inhérents, et qui auparavant sont restés cachés. Par contre, dans le cas de facultés véritablement constructives, elles peuvent effectivement augmenter, même si elles aussi ne font que se diriger vers un modèle potentiel qui existe déjà.
Des points d’accrochages personnels de ce genre représentent également une surface de résonance pour des forces extérieures apparentées. Nous en trouvons par exemple des traces - de manière quelque peu simplifiée - dans une pratique occidentale(-capitaliste) uniformisante, surtout dans l’ancien schéma qui n’inclut pas de vision sociale, prônant l’égoïsme comme plus haute vertu. On retrouve aussi cette attitude dans les uniformisations des nationalismes et du national-socialisme, qui se targue avec arrogance d’être supérieur au reste du monde, et dans des activités soi-disant religieuses destructrices, tout comme dans le Stalinisme et son nivellement brutal. Mais loin de nous la condamnation en bloc de tous et de chacun dans de telles formes de société !
Jésus n’enseigne pas tellement la lutte directe « contre le mal », il ne prétend pas non plus que le mal soit nécessaire pour maintenir un équilibre (comme certains courants orientaux), ni qu’il soit une nécessité pour reconnaître le Bien, par opposition. Même le travail direct sur le « négatif » n’est plus nécessaire individuellement. Pour certains, un chemin tel qu’il est recommandé en général dans la « Science chrétienne » de Mary Baker-Eddy peut fonctionner. Tout ceci ne prouve pas que les forces d’opposition n’existent pas, mais cela indique qu’elles peuvent être transformées indirectement. Chez le Christ, il n’y a pas non plus de damnation éternelle, car toutes les forces destructrices sont transformables, jusqu’aux temps décrits dans le dernier chapitre de la Révélation de St Jean où dans sa vision, il dit que « l’obscurité cessera d’exister » (voir chapitre correspondant).
A cette période dans le désert suit l’appel et le choix des disciples (Jean 1, Matth. 4, 18-22, Matth. 10).
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Jean 2, 1-12.
Ici nous avons un exemple qui illustre comment les problèmes sont moins basés sur des fausses traductions ou de « corrections » des Evangiles, effectuées à la demande des Eglises, mais plutôt d’une interprétation émotionnelle fortement teintée par le patriarcat. Que Jésus ait dit « Que me veux-tu, femme ? » a été interprété plus tard comme une remarque condescendante. Or, le lecteur qui se plonge dans le texte, remarquera que Jésus accède à toutes les demandes de Marie. Il est aisé de comprendre que cette remarque aurait plutôt une connotation admirative, qui pourrait être exprimée de la sorte: « Femme, tout ce que tu me donnes à faire ! ». L’expression en Araméen, une langue relativement peu complexe, traduite en grec, ne peut avoir donné que « Femme, moi avec toi ». Sans le ressenti du contexte, cette phrase n’était déjà plus interprétable de manière exacte, même du temps de Jésus.D’ici jusqu’à la croix on trouve une série d’expériences créatives entre Jésus et Marie. Elle agit comme inspiratrice, elle participe et partage les stations principales de la vie de son fils et elle est témoin également de la transformation de son âme.
Si de nos jours, on applique encore le terme « la promise du Christ », c’est surtout aux nonnes qui font leurs vœux, d’une manière extérieure, alors que ce terme s’appliquait autrefois à une expérience réelle.
Comme nous l’avons déjà mentionné dans le chapitre du baptême dans le Jourdain, la « forme » ou figure du Christ fusionne avec l’aspect masculin de l’âme (animus) dans l’être humain. Il peut « épouser » les aspects « féminins » de notre âme et opérer des transformations. jusque dans nos corps physiques et dans les forces de vie, de manière alchimique. De la même manière, la figure de Marie pourrait toucher l’aspect féminin (anima) de l’âme.
C’est ainsi qu’une voie alternative pour les hommes passait parfois par Marie ou par les Maries (pluriel)*. Mais les deux sexes peuvent accéder à la voie en passant par Jésus, ou par Marie, ou par les deux, car de l’âme aux hormones, il y a un long chemin. Aucun être n’est régi uniquement par les caractéristiques liées à son sexe, le chemin est une question de préférence individuelle. La finalité est toujours une plénitude-complétion intérieure. Dans l’Eglise Catholique, il existait autrefois la pratique, aujourd’hui presque oubliée, de vénérer le Sacré Cœur de Jésus et le « Cœur Pur de Marie ». Ce déploiement intérieur ne cherche pas à exiger que l’auteur de ce chapitre soit ou ne ne soit pas un Catholique, ni à savoir s’il a connu le chemin de Marie et dans quelle mesure, tout en étant conscient que le culte de Marie est empreint de préjugés, chez de nombreux pratiquants.
Ce n’est que celui qui chemine sur cette voie transformatrice qui peut marcher « seul ». Mais pour lui ou elle, ce chemin n’est pas forcément solitaire, la liberté intérieure bien comprise approuverait plutôt une relation avec l’autre genre, le chemin n’en deviendrait que plus parfait.
Dans ce contexte nous sommes sensés intégrer, dans notre personnalité, les aspects de l’âme hérités de notre mère et de notre père.
Des éléments de la psychologie des profondeurs peuvent très bien être mis en relation avec des expériences religieuses, c’es ce qu’essaie de faire notamment Eugen Drewermann. Des expériences de base religieuses se manifestent généralement à un niveau spécifique et ils leur champ d’action s’étend jusque dans la psychologie des profondeurs. De nos jours, il existe des tendances à voir l’aspiration religieuse en tant qu’une impulsion vitale intégrale de la recherche du sens, dépassant les frontières, voir Hubertus Mynarek : « Possibilités ou limites de la liberté », 1977. Il faudrait cependant différencier une impulsion généralisée, non définie, d’une impulsion religieuse dans le sens de re-lier, re-nouer, une nouvelle liaison de l’être humain avec le fond divin, le « Père », ce qui est tout à fait envisageable, pour le croyant convaincu, à travers le lien avec le Christ.
Dieu, le plus grand mystère du monde, ne peut certainement pas être limité par une seule science, par une seule façon d’expérimenter ou par un seul phénomène. Il s’agit plutôt d’essayer de reconnaître plusieurs approches, plusieurs synthèses. Si le processus alchimique et l’utilisation conjointe des deux hémisphères du cerveau (la recherche étudie cette possibilité) était également utilisée par les Chrétiens, à leur manière, avec pour résultat la « reconnaissance créative aimante », les dissensions entre les théologiens appartiendraient bientôt au passé. Une spécialisation par rapport à certains aspects resterait possible, mais on reconnaîtrait les limites de sa validité. La complémentarité des êtres humains entre eux aurait enfin sa véritable place.
Celui qui applique le précepte de Jésus « Aime ton prochain comme toi-même » peut aller très loin, avec le temps. Celui qui s’efforce d’appliquer cet amour à soi-même et de l’étendre aux autres aura remarqué que c’est quelque chose qu’il faut apprendre. La complétion intérieure peut aider dans l’expression de cet amour.
La question des « miracles » qui se pose en relation avec les noces de Cana, sera étudiée dans le chapitre spécial sur les aspects divins féminins de Marie - Sophia, voir sous chapitre « La première Pentecôte »
* Tandis que Marie, mère
de Jésus, est souvent considérée comme une mère aimante et spirituelle par
celles et ceux qui désirent avoir sa guidance, Marie-Madeleine est plutôt
rattachée à la vie terrestre, pour ceux qui la vénèrent.
Marie-Madeleine (Marie de Magdala) était une femme
disciple de Jésus qui le suivit. Certains pensent qu’elle était une prostituée,
dont la vie a changé au contact avec Jésus. Jésus dit « elle a
beaucoup aimé » - ce qui ne signifie pas forcément charnellement mais
surtout la faculté d’aimer les êtres humains de manière complète,
d’avoir pour eux de la compassion, d’être bonne avec eux. Elle aimait Jésus,
elle le vénérait en tant qu’homme et en tant que guide spirituel. Selon la
littérature mystique (Jakob Lorber), elle clarifia de plus en plus ses
sentiments envers lui vers une plus grande pureté, un amour spirituel.
L’Amour fut sa voie, celle qui lui apprit à comprendre Jésus et Dieu de
mieux en mieux.
(En cela, elle ressemble peut-être à Clara, la femme qui
aima Saint François d’Assise vers 1100 – qui la rejeta d’abord, puis
l’accepta et l’accueillit, lorsque son amour fut devenu purement spirituel.
(il existe à ce sujet un film allemand et anglais très intéressant).
Une tradition spéciale se réfère à Marie Madeleine : c’est la légende
du Saint Graal. Selon elle, Joseph d’Arimathée, Marie Madeleine ainsi que
d’autres proches de Jésus ont transporté le Graal, une coupe dans laquelle
ils avaient recueilli le sang de Jésus, jusqu’aux rivages du sud de la France
ou de l’Angleterre. Certains miracles sont attribués à cette coupe (le Graal
est également un symbole de l’Amour divin).
Il y a encore d’autres spéculations plus récentes sur Marie-Madeleine. Par
exemple celle qu’elle aurait eu un enfant avec Jésus, qui serait devenu le
point de départ d’une dynastie de rois européens (les Mérovingiens).
Personne ne peut confirmer ces spéculations modernes d’auteurs de livres à
sensation bestsellers.
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Points de vue sur la sexualité, la sympathie, l’empathie et l’amour.
Les déclarations des Eglises par rapport à la sexualité et les points de vue divergents donnent l’impression qu’elles peinent à trouver quelle pourrait être une « attitude chrétienne » sur ces points. Les valeurs morales ont perdu du sens, depuis les années soixante. Les Eglises n’ont pas été capables de trouver un fond éthique, dans les traditions, qui soit véritablement en relation avec la société et qui aille au fond des choses. La « révolution sexuelle » fut une réaction contre la répression de la sexualité et on trouve même à l’autre extrême la contrainte des performances sexuelles, la perte d’énergie vitale, et le non-respect des aspirations profondes de l’âme et de l’esprit, qui sont pourtant à la base de toute véritable relation. On ne voit que ruptures constantes, divorces, menant jusqu’à l’incapacité de travail. 20 ans plus tard, dans les années quatre-vingt, il n’en reste que de la frustration et de la résignation. Au-delà de ses extrêmes, la révolution sexuelle a été incapable de révéler un contenu qui donnerait davantage de sens pour le développement de la société. Peut-être qu’une amorce serait le dépassement de la notion de « propriété » ? En effet, on voit que depuis des siècles, les deux aspects, c’est-à-dire, la responsabilité et la liberté, ne sont pas vraiment compatibles avec le développement personnel intégral de chacun des sexes, à moins d’y inclure un point de vue global et harmonisant. Certains couples démontrent qu’il est possible d’atteindre ce partenariat éclairé.
Le Christ s’adresse aux hommes dans leur for intérieur, il leur parle de la possibilité de devenir complets en eux-mêmes, parfaits, seules bases pour une véritable liberté. Il ne parle pas de la dislocation d’aspects déjà fort compromis et décadents, il ne préconise pas non plus une expérience extatique de tout, mais plutôt une nouvelle intégration, axée sur la sagesse du cœur.
Il ne se fait pas l’apôtre de contraintes extérieures et de la valeur qu’on leur attribue ou du mauvais usage des concepts de la responsabilité, la fidélité, l’honnêteté, pour enjoliver l’envie, la jalousie, l’avidité. Ce qui lui importe, c’est l’état d’esprit dans lequel quelque chose est entreprise.
D’ailleurs, pour lui, dans le contexte du mariage, « tout ce qui brille n’est pas (automatiquement) de l’or » non plus ; il y a aussi des aspects vus comme défavorables depuis l’extérieur.Aimer Dieu et son prochain comme soi-même, donc également soi-même, cette règle du Christ qui va à l’encontre de la logique et qui tranche singulièrement avec l’Ancien Testament décrit tout d’abord une attitude universelle qui traverse et unit tous ces aspects. L’amour pour le prochain est quelque chose de différent que de se faire instinctivement du souci pour ses proches et relations, mais il inclut, bien sûr, ces derniers. A travers ce rôle vivant d’entraide, là où elle est nécessaire, l’amour pour soi-même dépasse une attitude égoïste, pour inclure le corps en tant qu’outil à travers lequel on se dédie à Dieu en se dédiant aux autres.
La plus haute forme d’amour est celle de l’amour inconditionnel. Comparez aussi l’amour qui va jusqu’à inclure « l’ennemi », Matth. 5, 43-48 - ce qui n’implique pas de renoncer à la sagesse.
Certaines thèses qui ont parfois tenté de faire croire à une égalité entre sexualité et amour, ou entre l’amour pour soi-même et l’assouvissement et les phantasmes-fantaisies, sont à l’opposé même du Christ. Ces éléments pris à part représentent plutôt une tentative de s’isoler des autres et du monde, un rejet, une des nombreuses imperfections de l’être humain, dont on peut apprendre, sans jamais arriver au terme de cet apprentissage.
Les occidentaux et plus particulièrement les Européens de notre époque sont plus conscients des changements de mentalités par rapport à la sexualité, surtout lorsque deux êtres sont en contact sur les plans de l’âme et de l’esprit et qu’ils apprennent à travailler avec la sympathie et l’antipathie, qui doivent également être prises en considération dans la recherche de contacts ayant un sens. Ce n’est que plus tard que l’aspect des rapports physiques devrait s’y ajouter, ils ne sont pas automatiquement impliqués à chaque amitié ni à chaque rencontre. Les forces du cœur abritent et peuvent faire surgir des énergies sexuelles. Il n’est pas nécessaire, automatiquement, d’y donner suite pour les faire cesser, comme notre environnement culturel le conditionne trop souvent. Une attitude aimante est nécessaire pour cela.
De nombreuses traditions préconisent une transformation de la sexualité, au lieu de s’y adonner constamment (jusqu’à la luxure) ou bien de la réprimer. Car elle peut être bien davantage que la « sublimation » freudienne. Il n’y a qu’à voir, par exemple, le Tao Yoga ou le Tao de l’art d’aimer (Mantak Chia et autres auteurs), des variantes hindouistes ou bouddhistes du Tantra de l’Amour (Yogis Bhajan, Bhagwan Sri Rajneesh, etc. Ils s’y sont rajoutés la « Karezza », de l’italien, caresses-tendresse, « l’amour sans sexe » de G. Brown et une recherche de formes plus raffinées et féminines de la sexualité, avec quelques éléments du domaine anthroposophique. Les anciennes traditions orientales avaient des lacunes, dans le sens qu’elles commençaient par la sexualité, sans insister sur la rencontre d’êtres complets. On ne peut pas utiliser ce raccourci : il faut commencer par « en haut », parce qu’on ne peut pas faire l’économie de la rencontre sur les plans de l’âme et de l’esprit d’un autre être. Un point de vue oriental reste valable : une cohabitation tranquille, non axée sur une sexualité fixée sur la course à l’orgasme masculin ou féminin, ramène petit à petit une calme harmonie et un rapprochement homme-femme. Il y eut déjà quelques amorces, dans la tradition chrétienne, malheureusement occultées ou perdues, et qui doivent être retravaillées. Souvenons-nous, par exemple, de la tradition des Ménestrels et des Troubadours et à leurs connaissances de « l’amour courtois ».
Comme des complications et implications subconscientes peuvent être attribuées à la sexualité, elle est considérée par les plus diverses religions comme une sorte de marche funambule, qu’il vaut mieux rattacher à un partenariat, plus facile à gérer ensemble. Ceux qui veulent réserver cette expérience au mariage, dans le sens strict, peuvent y arriver s’il est précédé auparavant par une amitié, si les deux partenaires expliquent clairement ce qu’ils désirent et ce qu’ils ne veulent pas, et s’ils se soutiennent mutuellement dans cette quête.
Cette ancienne approche, que Jésus valide, jusqu’à la « critique » par exemple d’un regard plein de convoitise pour la compagne d’un autre, ne devrait pas exclure des rencontres enthousiastes, sous l’impulsion d’une source supérieure, de deux êtres inconnus, une « re-connaissance » qui n’est parfois même pas comprise par les personnes qui sont impliquées, et qui est bien plus fréquente qu’on ne veut l’admettre. « Là où deux ou trois sont rassemblées en mon nom, je serai parmi eux », et dans une autre version, « je serai en eux ». Point n’est besoin d’une congrégation, cela peut se produire partout et n’importe où, sans aucune préparation, là où l’esprit du Christ touche et réunit deux personnes dans un but quelconque. Appliquer ceci lorsqu’il s’agit d’un homme et d’une femme, et au moment où ils se trouvent sympathiques, en maintenant cette clarté de conscience peut sembler difficile mais c’est le point de départ indispensable. Cela ne concerne ni les relations de partenariat, ni la sexualité, nécessairement, c’est aux deux personnes de trouver quel est le but de leur rencontre.
La vie terrestre de Jésus le distingue déjà comme un être non conventionnel, et il se pourrait bien que les conventions ne soient nécessaires qu’aussi longtemps « qu’il ne réside pas en eux ou parmi eux ».
Une meilleure approche, lors des rencontres entre êtres humains, inclurait par exemple l’étude de leur individualité, de leur aura, de leur rayonnement. Même en couple, ils restent des individus, une « fusion » dans le sens d’une homogénéisation n’est pas souhaitable et n’est en tout cas pas prônée par le Christ.
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Le « zèle saint » (points de vue sur les émotions).
Jean 2, 13-25
, nous décrit, après les noces de Cana, la « purification du Temple », dans laquelle Jésus se met en colère et chasse avec un fouet les vendeurs et les changeurs du Temple, dans un zèle saint. Il veut donner clairement un signe contre les faux-semblants et l’hypocrisie dans le monde, qui déclarent d’une part que le Temple est la Maison de Dieu, et qui en fait n’ont rien d’autre en tête que d’en faire un lieu lucratif de commerce. Comme Jésus ne peut rien attendre des prélats et des préposés de la ville ou religieux, il est seul contre tous à se sentir encore responsable de la maison de Son Père, et il passe à l’action. Un acte de courage civique et de résistance sociale, sans blesser personne. « Mettre Dieu à la première place » et Lui obéir davantage qu’aux hommes ne reflète aucunement une attitude de soumission. Dans le passage où Jésus dit « Rendez à César ce qui revient à César et à Dieu ce qui revient à Dieu » on ne distingue aucune soumission, comme on a tenté de le faire croire. C’est plutôt pour éviter à ses disciples des déboires inutiles avec des forces de la société qu’il agit ainsi, car la religion et la politique ont chacune leurs propres lois. « Vouloir servir son prochain et la Ville » n’ont rien de faible ni de soumis non plus.Il se pose dès lors la question : comment traiter les personnes qui sont sous l’emprise de leurs émotions, car il est rare d’avoir ses émotions sous contrôle avec une telle maîtrise comme celle de Jésus, qui était constamment dans la contemplation positive de Dieu, qui vivait dans la compassion, et dont le zèle que nous venons de décrire était basé sur une bonne intention. Chez l’être humain normal, presque toutes les émotions sont mélangées avec des mécanismes déclencheurs, biographiques, quantitativement et qualitativement différents, mais similaires à la base. D’apprendre à les observer sans se contenter des descriptions d’autrui, d’aller « à la pêche » vers ce genre de mécanismes à partir de nos propres réactions individuelles, pour finalement les maîtriser, ou bien les abandonner à Dieu est un long processus d’apprentissage.
Même lorsque nous avons affaire à la psyché, les thérapies psychologiques ou les psychanalyses habituelles ne sont pas particulièrement indiquées pour le chercheur de vérité et spirituel.
Là où résident encore, dans l’arrière-pensée, des modèles d’interprétation qui réduisent les problématiques psychiques à des traumatismes d’enfance ou sexuels, où, de plus, on se complaît dans une attitude de faiblesse et de victimisation, au lieu de se focaliser, comme l’a fait Erich Fromm, sur le développement et la capacité de dépassement de soi-même, la psychologie peut être un frein sur le chemin spirituel.
Là où la psychologie, la « recherche de la psyché » se penche sur les processus de l’âme, et où l’on voit l’âme comme étant plus qu’une fonction électrique-chimique du cerveau (ce qui est rare !), son étude pourrait devenir un atout. La psychologie se développerait mieux si elle était d’accord de remettre en question ses connaissances ou les prétentions des tendances psychologiques alternatives. Il n’est pas très utile de vouloir attaquer des problèmes complexes directement dans leur totalité, sans d’abord chercher à discerner les blocs qui constituent ces complexes. Et il serait bon alors de savoir distinguer s’il s’agit de « la poutre dans notre propre œil » ou seulement de la poussière dans celui de l’autre... pour clarifier les responsabilités. Certaines écoles chrétiennes mettraient l’accent sur la première partie, parce que c’est plus difficile et qu’il faut d’abord apprendre à voir nos propres actions problématiques ou erronées, parce que ces dernières sont généralement plus faciles à corriger par nous-mêmes ; la confession chrétienne, outre son aspect cathartique et spirituel possède également un aspect thérapeutique. Dans la pratique psychologique, c’est plutôt la perspective de la victime qui primerait . Mais en dernier lieu, on remarquerait que les deux aspects sont entrés en jeu. Par exemple, les enseignements occidentaux mettraient l’accent sur le lien des deux aspects dans la vie, en tant que source de karma (destin).
Lorsqu’il s’agit de dissolution de contenus vécus difficiles, qui se déroulent pendant la journée, on pourrait faire appel à une méthode de R. Steiner, remise à l’honneur : la remémoration du déroulement d’une journée, en commençant par le soir et en remontant vers le matin. Il est plus facile, après, de revenir à la vie courante.
Il est également possible de se procurer un « miroir de l’âme », sorte de journal intime où l’on note les qualités qu’on voudrait acquérir, et de le consulter souvent, une pratique très courante du domaine mystique.
Les progrès dans le domaine de l’âme permettent également une amélioration du dialogue entre les êtres. Les préconçus, les conclusions hâtives et les jugements s’amenuisent, à la mesure même de la transparence croissante de chaque être à soi-même et à la mesure de sa capacité de lâcher-prise pour abandonner du lest. L’importance que Jésus accorde à une attitude de « non-jugement » et à « ce qui sort de la bouche » n’est pas une vaine prétention morale, mais une suggestion pour s’engager dans cet apprentissage. Ce « non-jugement » implique de faire le silence, au lieu de continuer à se disputer, et de dialoguer ensuite ensemble, calmement. Voir également le chapitre « Le Silence dans le désert ».
Il existe des enseignements européens qui intègrent, sous un autre nom, les éléments connus dans le yoga comme centres nerveux ou centres de consciences, nommés chacras ou chakras (anthroposophie, la Vie Universelle, etc.) et ce ne sont pas automatiquement des enseignements non Chrétiens, comme le suspectaient les Eglises. Ces données étaient déjà connues par les Théosophes chrétiens du Moyen-Age (J.G. Gichtel) et sont des structures occultes de l’anatomie, réelles et mesurables, tout comme le sont les réseaux énergétiques et les points d’acupuncture, déjà connus des Chinois mais qui ne sont pas automatiquement « taoïstes ». Ce sont des réalités mesurables par des instruments scientifiques, et plus récemment, elles ont même été révélées par des coupes histologiques, dans les tissus de l’être humain.
Pour en savoir davantage dans ce contexte, voir également la page spéciale « fondements des valeurs éthiques » en part 3.
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Le Sermon sur la Montagne (points de vue sur l’intellect).
On a beaucoup écrit sur le Sermon sur la Montagne et sur le renversement des valeurs de la société d’autrefois, et cela s’applique aussi à nos sociétés actuelles (voir Matth. 5-7,29). Les uns les mettent en relation avec les activités sociales, les autres minimisent le tout et favorisent une éthique appelé par eux « de la responsabilité », assortie de menaces de châtiments dans le style de l’Ancien Testament, militaires, etc. D’autres encore essaient simplement de vivre ces préceptes. Même au-delà du Christianisme, les représentants d’autres religions estiment beaucoup le Sermon sur la Montagne (p.ex. Gandhi).
On peut aussi reconnaître que le Sermon sur la Montagne se dirige aux individus pour lesquels la conscience est davantage que la compréhension intellectuelle et l’analyse, pour qui la vie ne finit pas là où s’arrête leur vie privée. Les « pauvres d’esprit » ceux qui savent qu’ils ne savent rien (ou peu de chose), sont toujours ouverts pour la relativisation et pour la compréhension que Dieu sait plus qu’eux et qu’il leur reste encore beaucoup à apprendre, ceux-là seront « bienheureux» et « le Royaume des Cieux leur appartiendra ». Cette attitude peut s’avérer un levier puissant dans le développement, plus que certaines attitudes libellées « intelligentes ».
« Ceux qui sont affligés » ne doivent pas porter en permanence le fardeau de leur destin, mais ils doivent travailler avec la part qui leur correspond. Il y en a d’autres qui portent en plus des charges qui concernent tout un cortège de personnes de leur entourage, et parfois même, le destin des peuples, voire, de l’humanité toute entière. Malheureusement, au lieu que ce soient des hommes d’état, il s’agit dans la plupart des cas de mouvements communautaires, « de la base». Qui donc prie pour eux, au lieu de prier pour les puissants, pour les fameux, pour les grands de ce monde et pour l’économie ?
Les « doux » sont clairement ceux qui le sont par choix (et non pas par faiblesse ni simplement les peureux), car ils « hériteront de la Terre » et sous leurs mains, elle se maintiendra, se développera et portera ses pourra fruits.
« Ceux qui ont faim et soif de justice » : la recherche de la justice équitable, pour soi et pour les autres créé une ouverture vers « en haut », qui tôt ou tard, recevra une réponse, même si elle ne vient pas toujours comme on se l’imagine. « Les miséricordieux » portent très clairement leurs frères et sœurs, les créatures et la création vers les hauteurs, et sont à leur tour portés par Dieu.
« Ceux qui ont un cœur pur », qui ont reconnu leurs préjugés et la myopie spirituelle, et qui s’en détournent, « verront Dieu ». C’est la signification plus ample de la parole « ne jugez point ».
« Les pacifiques », ceux qui promeuvent la paix, pensons par exemple à la magnifique prière de Saint François d’Assise, permettent à d’autre de reconnaître qu’une force transcendante est à l’œuvre que celle qui régit habituellement la vie, ceux-là « seront appelés fils et filles de Dieu ».
« Ceux qui seront poursuivis à cause de leur désir de justice » et qui seront persécutés « en mon nom » (Jésus), seront sanctifiés. C’était souvent l’état de grâce intérieur des martyres, pendant qu’on torturait leur corps. Mais la douleur n’est pas un but en soi.
Les personnes ainsi adressées doivent tenir leur rôle en tant que « Sel de la Terre » et « Lumière de la Terre ». Dans ce chapitre, Jésus se réfère aux « lois » et aux prophètes de l’ancienne alliance. Il reprend ainsi ce qui était important avant sa venue mais il le fait fructifier pour les nouveaux temps, où les lois ne seront plus en première ligne mais plutôt intériorisées, où elles deviendront sources, lorsque que chaque être humain pourra créer de nouveaux fondements de nouvelles lois intérieures.
« Ceux qui aspirent au royaume de Dieu », à ceux-là, tout le reste leur sera donné de surcroît. Ici également on constate que le plan du mental n’est pas détruit, mais qu’il doit s’ouvrir, pour pouvoir recevoir ce qui dépasse la logique normale et qui provient d’une source transcendante. Il n’est pas question de s’éloigner des contraintes de la vie et de passer son temps dans des états spirituels à part. Les expériences spirituelles élevées devraient au contraire être intégrées à la conscience terrestre et confrontées avec la vie, jusqu’à la transformation complète du monde. La clarté reste maintenue, elle vient lorsque l’être humain pose un certain nombre de questions en relation avec la connaissance, en passant les spéculations, les suppositions, les théories, les certitudes jusqu’à la connaissance, au savoir, et c’est une phase importante du développement. C’est la différence, par exemple, entre la recherche de béatitude pure, telle qu’on la trouve dans certains anciens enseignements spirituels.
Cette forme de pensée supérieure dans le Sermon sur la Montagne (voir prochain chapitre) s’adresse déjà, de par son contenu, aux êtres qui ne vont pas seulement l’appliquer pour le renouveau de leur activité mentale. Le chemin s’adresse en premier lieu à la vie individuelle, pour ensuite inclure la recherche d’un partenaire, d’un « prochain », comme le chapitre « le baptême » et « le silence dans le désert » mais aussi « les noces de Cana » et « … l’amour » l’ont déjà décrit. On table sur les relations homme-femme pour à nouveau étendre la sensibilité en direction d’interactions complémentaires entre plusieurs êtres humains. Dans le Sermon sur la Montagne, on construit à nouveau sur cette base éthique et de l’âme, pour les étendre à nouveau à une spiritualité plus globale, qui pourrait être constituée par des relations entre les êtres d’une communauté. Pour prendre une comparaison, il s’agirait de la relation du son à l’intervalle, au triple accord, à la gamme musicale – c’est à dire à la totalité.
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La transfiguration du Christ sur le Mont Tabor (Matth.17).
De nombreux actes de Jésus, depuis l’entretien avec Nicodème (Jean 3), en passant par le Sermon sur la Montagne jusqu’à la guérison de l’aveugle-né et la multiplication des pains sont, dans leur symbolique, la trame externe qui est l’expression de la transfiguration intérieure. Cette transfiguration est apparentée au terme connu en Orient sous « illumination ». L’esprit reçoit l’illumination. Chez Jésus, et aussi chez l’être humain qui suit les chemins du Christ, il s’agit d’une relation plus étroite avec Dieu, pas dans le sens de l’absolu général mais compris comme une entité.
La « pensée positive », si elle est pratiquée sans buts purement égoïstes ou même mégalomanes, et sans manipulations techniques, peut immerger la pensée dans un état de plus d’ouverture par rapport à ce qui provient de Dieu. Les ouvrages et les textes dans ce sens laissent cependant à désirer et peuvent souvent finir dans une auto-désillusion.
La « transfiguration » n’est en tout cas pas cela. Il ne s’agit pas de faire une contribution de programmation positive et de l’introduire au sein du chaos et de la multiplicité des programmes mentaux déjà existants dans être humain, pour que le pôle positif soit prévalent. Dans la transfiguration, tout est délié, dénoué, débroussaillé, au moyen d’une vision d’équanimité par rapport aux origines mentales, et un ordre divin se révèle dans tout. La maturation d’un être humain peut aussi aller dans cette direction et représenter un approfondissement des processus de maturation psychiques, tels qu’ils sont traités dans le chapitre « le zèle saint ». A partir de cet horizon plus profond tout s’éclaircit depuis l’intérieur. Ces « savoirs» ne sont pas identiques à la pensée, ils peuvent se manifester avec ou sans pensées accompagnatrices, et on ne peut pas les forcer.
La pensée est libérée de schèmes instinctuels de réaction et la pensée contrôlable analytique et synthétique devient un meilleur outil du mental-conscience auquel elle est subordonnée. La différentiation dans la pensée progresse, mais sans devenir pour autant « fade » ou indifférente. On comprend exactement ce qui est requis dans des circonstances précises.
Chez le Christ, on peut partir du principe qu’il n’a pas eu besoin de purifier toutes ces « boues » qui séparent l’être humain des sphères transcendantes. Mais il a certainement progressé dans la clarté. Plus tard, il a demandé dans la prière à recevoir cette clarté qu’il avait auprès de Dieu avant la création.
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Jésus n’agissait pas pour attiser ou satisfaire la curiosité ou le besoin de sensationalisme des êtres humains, ni pour forcer quiconque à croire, par des actes extérieurs. Tout son parcours est empreint de clarté intérieure par rapport à ce qu’il avait à faire. Les « miracles » étaient souvent des signes, des actes en petit pour démontrer des contextes et des enchaînements plus grands. Dans la guérison de l’infirme de naissance, le jour du sabbat, Jésus répliqua que ce n’étaient pas des péchés qui en étaient la cause, mais que « mon Père est à l’œuvre jusqu’à présent et j’œuvre moi aussi ». C’était pour que la gloire de Dieu se manifeste dans son travail. Jean 5, 6-9,, Jean 6, Jean 9, 3 etc.
Il est incontestable qu’en même temps, les « effets secondaires », les retombées de ces miracles, étaient un ébranlement de la raison, une remise en question, une réflexion, une recherche d’un sens plus profond de tels actes. Il existe des êtres humains qui ont besoin de l’observation extérieure, de la mesure, du poids, comme dans le cas de Thomas, qu’on pourrait qualifier « d’esprit scientifique » parmi les disciples. Après avoir eu l’opportunité de vérifier par lui-même la véracité du corps ressuscité du Maître, Jésus l’exhorta à croire : « ne sois plus incrédule mais croyant » (Jean 20, 19-29). L’expérience que le disciple venait de faire devait lui servir à une réflexion profonde et honnête et à l’éradication de ses doutes. Que Jésus ait rajouté ces propos après que Thomas ait pu le toucher signifie que ce dernier n’était pas un sceptique qui aurait été forcé à croire par peur de cette réalité extérieure. Il avait conservé la faculté de changer radicalement son mode de croyance depuis l’intérieur, et il devait apprendre qu’il existe d’autres manières d’être convaincu et de « savoir » que celle de croire après avoir vu.
Jésus savait ce qui était approprié pour Thomas. Il ne voulait forcer personne à croire et on ne trouve aucune intention de défier quiconque qui n’était pas prêt pour une telle décision.
l’Evangile de Thomas vaut la peine d’être lu, il s’agit d’une collection apocryphe de paroles de Jésus, peu importe que Thomas ou quelqu’un d’autre les aient écrits. Ce texte est également reconnu et apprécié par les Chrétiens spirituels, en Egypte et partout ailleurs.
Les miracles de Jésus ne sont donc pas au centre de son ministère. Souvent, il faisait des miracles dans le but d’aider, après qu’on lui ait demandé de l’aide, sans qu’il y ait des foules rassemblées. Il demandait et même parfois « menaçait » les personnes de ne pas divulguer pas ce qui s’était passé.
De nos jours, lorsque des théologiens, hommes ou femmes, notamment ceux de la lignée « démythologisante » de Bultmann, déclarent qu’ils peuvent faire abstraction de ces miracles ou les voir comme descriptions symboliques, il faut qu’ils se rendent compte qu’ils adoptent un point de vue mécanistique du 19ème siècle concernant l’homme et la vie et qu’ils n’ont tout simplement pas tenu compte des nouvelles découvertes scientifiques. Car ces nouvelles sciences, celles de la physique quantique, de la biologie moléculaire, de la biophysique, de la recherche naturopathique et parapsychologique, de l’astrophysique etc., ont fait de tels progrès qu’on peut y découvrir à présent des amorces d’explications pour ces actes bibliques miraculeux. Cela ne doit pas représenter la recherche d’une « preuve » de Dieu pour laquelle d’autres seraient compétents, en dehors des sciences naturelles.
La seule chose qui reste néanmoins valable dans cette version théologique, c’est qu’elle estime qu’une faisabilité scientifique n’est pas obligatoirement une condition pour croire.
Nous ne vivons plus à l’époque du siècle des lumières. Même des esprits scientifiques peuvent avoir la foi, sans devenir schizophrènes. De nos jours, alors que l’on constate que certains êtres ont des facultés extra-ordinaires, par exemple de plier des fourchettes à distance, et malgré certaines fraudes, il serait absurde de nier tout en bloc, et surtout, de nier que Jésus, le Christ, ait eu de telles facultés. Jésus agissait avec d’autres motifs que celui « d’amuser la galerie » et à partir de nombreuses expériences les plus diverses, il est clair que Jésus pouvait pénétrer et avoir à sa disposition toutes les forces de la nature et qu’il est important de pouvoir considérer sereinement ce phénomène, pour une vision holistique et globale de l’image de l’être humain et aussi, pour une guérison chrétienne. Une telle vision spirituelle de Jésus n’est pas en opposition au « fils de l’Homme » qu’il était, qui donnait l’exemple à l’individu, à la communauté et à la société. C’est parfois justement une telle opposition entre l’Homme et le Divin qui nous mène à nier les miracles, dans l’idée qu’on s’écarterait d’un christianisme humain et socio-critique. Loin de là ! Au contraire, les deux aspects réunis peuvent justement donner une juste mesure du radicalisme de Jésus et de son union avec la Volonté, et par là, avec les Forces du Créateur.
Dans le cas des guérisons effectuées par Jésus, nous pouvons étudier encore un autre point de vue. Il ne mentionne pas, comme certains guérisseurs de l’actualité, les « énergies cosmiques » qu’ils sentent circuler à travers eux. Jésus mentionne la foi en la possibilité de guérir à travers Dieu et son représentant visible sur Terre, lui, Jésus. L’énergie n’est pas une force sans visage : elle est en même temps un agissement de la force christique. Dans le yoga, par exemple, l’énergie est souvent traitée à part. Aujourd’hui encore, il y a des guérisons qui se font, comme autrefois, grâce à la prière, au moyen de la relation de l’être intérieur aligné avec le Christ, qui désire la perfection et la guérison de l’être humain, et qui, pour le citer, « fera de plus grandes choses encore ».
Mais la guérison spirituelle en elle-même, et les progrès qui y sont associés, sont une grâce que l’on ne saurait forcer ou obliger, quelle que soit la préparation de l’être humain.
Par rapport aux « dons du Saint Esprit » tels que la faculté de guérir, de « parler en langues » et d’avoir des dons prophétiques, voir Cor. 12, 7-11 ; Les Actes des Apôtres 2, 17-20, et le chapitre « Pentecôte » de ce texte.
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Jusqu’ici, toute les imperfections « humaines » contre lesquelles se battaient les Ecoles des Mystères durant des millénaires ont été remodelées par le Christ. De cette manière, le supra conscient, le Soi Intérieur de l’être humain, peut prendre possession de lui et se manifester au niveau physique, psychique et mental. Ce faisant, la faculté de clarifier les couches inconscientes à des niveaux de plus en plus profonds, de les intégrer et de les élargir consciemment, se développe. Un chemin partant du plan spirituel et de l’âme se projetait jusque dans les plans des forces de la vie, par exemple dans les voies du Mystère de l’ancienne Egypte.
En ce qui concerne la résurrection de Lazare (Jean 11*), une autre profondeur s’annonce déjà. A première vue, certains aspects ressemblent à ceux des mystères égyptiens ; ces derniers savaient que l’être humain passe 3 jours dans un état que les parapsychologues modernes nomment « out-of-body experience », une expérience extra-corporelle où le sujet est conscient. Le corps était en position couchée, apparemment sans vie. Après cette expérience, l’initié avait acquis la certitude intérieure qu’il existait, et qu’il continuerait à exister après sa mort, sur les plans de l’âme et de l’esprit. Le « hiérophante» devait surveiller que le candidat à l’initiation retourne à sa conscience corporelle après 3 jours, car passé ce délai, le réveil n’était plus possible et les substances corporelles auraient commencé à se décomposer. C’est ainsi que nous est décrit l’état de Lazare, après quatre jours, « son corps sentait déjà ». La force qui l’a ramené à la vie doit par conséquent avoir agi encore plus profondément, s’insinuant jusque dans la substance physique. Cet événement biblique démontre qu’une attitude d’esprit chrétienne peut être discernée aussi, et même particulièrement, dans ce qui est matériel, dans l’acte extérieur, une tendance qui est caractéristique à notre époque, après que la mystique des siècles précédents ait tout d’abord contribué à clarifier les couches de l’âme et de l’esprit.
C’est probablement à la base de telles expériences extra-corporelles que toutes les religions étaient et sont toujours d’accord qu’il y a une vie après la mort, plutôt que sur des spéculations philosophiques, qui ne correspondaient pas tellement à la conscience des êtres humains de l’antiquité et le l’histoire ancienne. Une description appropriée se retrouve chez Jean Gebser « Ursprung und Gegenwart » (Passé et Présent), qui distingue trois étapes de conscience : archaïque, magique et mythique, par rapport à celle de la pensée abstraite et celle d’une conscience intégrale. Quant à savoir si de telles coupures existaient réellement entre les différentes étapes de conscience, c’est une autre question, mais quoi qu’il en soit, on peut y travailler et les unifier à notre époque. R. Steiner mentionne également les formes de conscience incomparables, plus anciennes, dont on ne retrouve que des réminiscences dans les différentes étapes de vie de chaque individu.
La comparaison avec des anciens rites d’initiation ne veut pas dire que la résurrection de Lazare ait été une action rituelle à laquelle participaient tous les présents, comme dans l’ancienne Egypte. Jésus agissait souvent au sein du cadre des prescriptions de culte, p.ex. le jour du Sabbat, ou bien en des lieux particuliers comme des temples, ou des circonstances liées à ces derniers, qu’il utilisait avec liberté et de manière positive. En cela, il a été un précurseur et un exemple à suivre pour savoir comment intégrer certaines nouvelles tendances : par exemple l’astrologie, les « points d’énergie », les Fêtes du Vésac, les fêtes des solstices, et divers lieux de culte. (voir également les livres de Marko Pogacnik : « Chemins de guérison de la Terre », « Systèmes terrestres et Force Christique »…)
Dans le contexte de la résurrection de Lazare, Jésus et son entourage deviennent plus fortement visibles depuis l’extérieur. Il s’y exprime par là une conscience de Jésus agrandie, qui englobe également les disciples et qui est au service d’une plus grande réalité sociale. Une parallèle s’en dégage par rapport aux êtres humains qui, en émulation du Christ, s’adonnent à des activités de groupe qui « s’étendent » vers l’extérieur.
Par la suite, nous avons le chemin de la Passion. Dans ses propos, le Grand Prêtre fait une corrélation entre ce qui doit se passer avec Jésus et entre le destin du peuple (Jean 11). Dans sa vision prophétique, il se rend compte, avec justesse, que le Christ mourra pour tous, mais il interprète incorrectement que Jésus ferait du mal au peuple, s’il restait en vie. Ceci aurait demandé une conscience allant au-delà du mental, capable d’interpréter les processus et les correspondances en même temps, une faculté qui doit la plupart des temps d’abord être apprise et qui n’est pas identique avec des images se présentant instinctivement. Les causes les plus profondes peuvent être dévoilées, dissoutes, les pensées destructives ou autres pensées semi-conscientes ne sont plus stockées, elles ne peuvent plus se lier et se compacter en amas-structures à problèmes devenant actives à des niveaux corporels. Même rétrospectivement, cette problématique se dissout lentement, lorsque l’être humain examine et étudie ces lois. Un chemin vers un futur créatif se dessine alors pour cet être.
Le Père de l’Eglise Clément d’Alexandrie était en possession d’une version « secrète » de l’Evangile selon Sain Marc. Dans ses mots, elle était « un Evangile spirituel pour l’usage de ceux, qui recherchent la perfection » et leur servait dans la progression. Cet Evangile contenait des remarques sur la résurrection de Lazare, que ceux de Marc et de Pierre (à usage général) avaient écartées. Ce n’est que Jean et ses disciples qui ont inclus ces événements ouvertement dans un Evangile. Clément décrit Marc en termes de « mystagogue » ou « hiérophante », celui qui, contrairement aux autres cultes des mystères, introduit aux Nouveaux Mystères (aux secrets de la Foi ) Voir également Prof. Morton Smith, « L’Evangile Secret » / The Secret Gospel.
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Quelque temps avant le lavement des pieds par Jésus, ceux qui lui sont proches sont nommés ses « brebis » - Jean 10, 11-18, tout comme Jésus lui-même est appelé l’agneau. On fait allusion à l’ouverture des disciples pour tout ce qui provient et émane du Christ, tout comme la relation entre l’Homme et Dieu. Même s’il est à présent plus mature, l’Homme peut se sentir à nouveau comme une page blanche, comme un enfant. Le développement véritable mène toujours à la modestie, car l’Homme comprend que les êtres humains ont un rôle modeste vis-à-vis de Dieu, mais que ce rôle va en croissant. On doit mentionner ici la modestie, une qualité qu’il faut interpréter dans le sens de liberté et spirituel, et non pas comme un comportement de soumission par rapport aux autorités terrestres, comme cela a souvent été confondu. Ce n’est pas par hasard que le Christ déclare dans le même chapitre « Je suis la Voie ». Pour celui qui ouvre son cœur et son esprit au Christ, il est comme une porte qui s’ouvre et qui mène à Dieu comme condition préalable à tout le reste.
« Les brebis », terme utilisé en opposition avec les béliers (p.ex. Mt. 25 :32-33).
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Le Christ et le lavement des pieds ; l’onction par Marie de Béthanie.
Le reste des textes des Evangiles rapporte d’autres événements symboliques, où il manque des directives ou explications accompagnantes plus claires. Nous pouvons laisser de côté les théories du type « Tout savoir sur Jésus », au bout desquelles nous ne savons rien de plus… Des connaissances extérieures peuvent se révéler précieuses, mais il n’y a guère que la contemplation méditative qui puisse nous rapprocher de l’essentiel. Aucun prêtre, aucun historien ne peut remplacer nos propres aspirations et efforts de connaissance.
Le lavement des pieds est transformé dans le texte biblique en « purification » (Jean 13, 1-20). Etant donné que de tels propos « ésotériques » ne pouvaient que difficilement être compris, ce passage est resté tel quel et n’a pas été soumis à la censure. La personne devient « pure », il ne s’agit donc pas d’une histoire de pieds, mais de leur valeur symbolique dans la vie de l’être humain. Dans les cultures les plus diverses, la pensée d’une symbolique de ce genre est répandue. Les mêmes fonctions se retrouvent dans l’organisme, dans le microcosme, ou le mésocosme, et la nature extérieure, le macrocosme. Les pieds sont en contact avec la terre, tournés vers l’élément terrestre, leur mouvement est soumis à la volonté. Que l’homme chemine sur une voie plutôt qu’une autre demande une décision de la volonté. La vraie signification du lavage des pieds consiste en la « purification » de cette volonté et de ses « sautes » contradictoires. Comparez aussi Matthieu 25, 31 ss, où Jésus attribue une plus grande vertu à la bonne action qu’aux paroles creuses qui ne sont pas suivies d’actes.
Cette action de Jésus, tout comme les événements qui vont suivre, n’est pas une simple répétition des impulsions de purification des divers domaines de l’être humain, qui avaient précédé. Tout est placé sous un signe nouveau : Jésus savait intérieurement que « son temps était venu » et que ses disciples devaient se préparer à transmettre ce « quelque chose » de manière autonome, dans des cercles plus vastes. Il ne s’agit plus seulement de leurs qualités personnelles, ni de leur bonne volonté, sous la guidance de leur moi intérieur. C’est de leur Moi Supérieur dont il est question, unifié avec la personne, qui peut de plus en plus s’exprimer et devenir Un avec le Christ qui prend forme, comme un « Soi des Sois ».
Cette expérience peut être vue de la manière suivante : lors de la répétition du lavement des pieds, une telle « transparence » et « pureté» peuvent s’établir que tout peut alors être dirigé à partir de la Source Intérieure dans le Soi, qui traverse toutes les couches de l’être. Mais au début, il y a la volonté. Le ressenti et le savoir ne se complètent que par la suite, ce qui permettra à l’Homme d’expliquer directement le pourquoi de ses actes. Dieu suit nos progrès, comme on suit la croissance d’un enfant à l’école maternelle. Le développement humain par rapport au sentiment de l’éthique et de la claire reconnaissance ont déjà été stimulés préalablement et il ne s’agit que d’un perfectionnement de ces qualités dans le sens du Christ qui reste à accomplir.
Une autre manière de vivre ces phases difficiles à décrire serait d’aborder la vie en y intégrant la relation avec notre propre conscience, ou le dialogue avec l’Ange, ou avec le Soi Supérieur. Le Super-Soi (angélique) peut maintenant se manifester davantage, en relation avec le Christ, et se transformer également. Les expériences avec les anges sont devenues courantes dans les nouveaux mouvements spirituels, pendant que de nombreux Chrétiens se demandent encore si les anges existent, doutent qu’un « Ange Gardien » veille sur chacun ou se posent des questions à quoi pourrait ressembler le lien entretenu avec l’ange. Le Christ est « pour » le maintien de l’individualité et de l’intégrité de l’être humain, et « pour » le maintien des expériences personnelles au moment de l’ouverture vers les mondes angéliques impersonnels. Un être humain qui fait une telle expérience est loin d’être parfait, pour le Christ. Il a déjà laissé entrevoir son point de vue à ses disciples dans Jean 1. De nombreuses personnes orientées vers la spiritualité pensent que c’est ce genre d’expérience qu’il s’agit d’atteindre, et qu’après un/des contact/s avec les anges, ils peuvent se retirer du monde. Une recherche dans ces domaines demande une grande maturité et stabilité, pour ne pas se perdre dans le dédale des illusions. Cette affirmation annonce cependant le début d’une inter-pénétration des mondes terrestres par ceux de l’esprit. Nous pouvons mentionner dans ce contexte par exemple R. Steiner (et il n’est pas le seul), qui, en tant que chercheur spirituel, voit l’évolution de l’être humain sur Terre comme un long processus traversant les Temps. Il y a à présent de nombreux témoignages, à prendre au sérieux, d’êtres humains en contact avec les mondes angéliques, dans leur vie quotidienne. Inutile de préciser que certaines autres pratiques, telles que par exemple le spiritisme ou le « contact avec l’esprit des morts », n’ont rien à voir avec l’expérience de contact avec les anges.
Dans la scène du lavement des pieds, il faut encore mentionner la parallèle avec l’onction symbolique de Jésus par Marie de Béthanie, qui essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux (Jean 12). S’agit-il d’un acte symbolique personnel, ou bien personifie-t-elle un aspect féminin de Dieu, comme on peut l’attribuer par exemple à Marie, la mère de Jésus, ou à Marie Madeleine (qui n’est probablement pas identique à Marie de Béthanie) ? Pourquoi précède-t-elle le lavement des pieds des disciples ? Pour la théologie du développement féminin, qui se trouve dans ses balbutiements, il reste des trésors de significations à découvrir. « L’extreme-onction » chez les Catholiques peut également être considérée comme une reconnaissance symbolique de cet acte.
Il est remarquable de voir aussi que le lavement des pieds n’est pas un acte sensé rester unique, puisque Jésus exhorte ses disciples à en faire autant entre eux, un peu comme dans la légation symbolique de la dernière cène (le pain et le vin), signalant par là une « prêtrise » qui appartient à tous. On retrouve dans le lavement des pieds une « extension au-delà du soi » vers l’entourage, qui prend d’abord en compte l’autre, puis les autres et les disciples dans leur ensemble. Le lavement des pieds peut être compris comme un acte d’entraide au prochain. C’est ainsi que l’on « partage avec lui », selon Jésus, et cela ne fait qu’en souligner la portée. C’est le domaine des relations qui est directement visé. Les jeunes disent d’abord qu’ils « sortent ensemble ». Mais il ne s’agit plus « d’avoir » une relation mais « d’être en relation » (vivante), et le lavement des pieds peut être interprété comme un pas dans ce sens. Dans le sens alchimique, on peut faire correspondre l’acte extérieur, qui acquiert alors tout son sens et qui devient un exemple, avec les processus intérieurs dans l’être humain. C’est surtout cette attitude intérieure qui est importante, plus que la forme extérieure. Pour celui qui exécute et pour celui qui reçoit, il s’agit avant tout de développer l’attitude correcte concernant le lavement, et cela vaut aussi pour la dernière cène, autour de laquelle les théologiens ne sont pas d’accord entre eux. Hélas, ni l’Eglise Catholique ni les Eglises Protestantes ont suffisamment reconnu l’importance de la transformation consciente du receveur, qui est en fait l’aspect le plus important, vu sous cet angle d’interprétation.
Au début, lorsque les enseignements de Jésus étaient relativement faciles, il y avait encore une foule de 5000 personnes, plus tard elle a fondu à 500 ou 70 qui arrivaient encore à suivre, et lors du lavement des pieds, ils ne sont plus que onze disciples, qui avaient beaucoup appris de Jésus et qui étaient prêts à saisir cette occasion (Judas ne pouvait peut-être pas encore le faire). On constate que Jésus n’enseigne plus de la même manière à tous, il procède pas à pas, en quelque sorte par paliers. Il est possible de progresser individuellement si l’on contemple profondément la portée de cette séquence d’événements qui précèdent la crucifixion. C’est ce que tentaient de faire les Rosicruciens chrétiens : le lavement des pieds, la flagellation, la couronne d’épines, la crucifixion, la mise au tombeau, l’ascension étaient nommés « initiations chrétiennes ». Ces initiations, transposées dans des temps plus actuels, ont donné les images rêvées des sept jours du « Mariage chymique de Christian Rosenkreutz », publiées en cachette en 1616 par le théologien luthérien J.V. Andreae en tant que satire.
Un tel pas n’est s’accomplit probablement pas lors de la première expérience, dans la réalité, dans la méditation ou dans le rêve. L’Etre peut se déployer dans les directions les plus diverses et variées, d’autres étapes peuvent suivre, se chevaucher et venir enrichir les expériences antérieures. Les nouvelles qualités ne sont réellement consolidées que lorsque les précédentes, sur lesquelles elles sont bâties, ont été totalement intégrées.
Après l’onction à Béthanie nous avons, chez Jean 12, l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem. Après le lavement des pieds, p.ex. chez Jean 13-17, sont transmises l’annonce de la trahison par Judas Iscariote, les discours d’adieux et la prière (pontificale) de Jésus.
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La dernière cène ; l’entrée messianique à Jérusalem ; l’arrestation de Jésus; la flagellation.
Jésus était entré à Jérusalem en gloire, fêté comme le Messie tant attendu, Jean 12, 12-19. Les castes endurcies des prêtres savaient fort bien comment « presser les boutons » pour manipuler les masses et les faire basculer dans un camp ou dans un autre. Les individus qui contiennent déjà de la négativité et de l’indifférence doivent d’abord acquérir un lien suffisamment fort avec Dieu pour ne pas être manipulables par des forces extérieures négatives, qui n’ont d’ailleurs rien perdu de leur virulence à manipuler la réalité également au 20ème siècle.
Dans la scène de l’arrestation, Jésus fait reculer et tomber à terre les soldats venus l’appréhender, qui n’en croient pas leurs yeux. (Jean 18) Il montre ainsi clairement qu’il n’est pas sous leur emprise, et pourtant il les laisse faire.
La flagellation - Jean 19, 1 – touche le dos, la partie médiane du corps de Jésus. Son ressenti, sa force à surpasser la douleur physique et émotionnelle sont des qualités qui peuvent devenir présentes lorsqu’on médite sur la séquence de la Passion, qui n’est pas souffrance passive, bien que tous les mystiques chrétiens et ceux qui ont revécu volontairement ou involontairement la Passion du Christ à l’intérieur d’eux-mêmes, s’accordent à décrire sa douleur. Jésus accepte et accueille la douleur, il ne la fuit pas, comme cela lui aurait certainement été possible (un Maître peut utiliser la technique du Pratjahara, c’est-à-dire, le retrait des sens). On peut donc plutôt voir dans son attitude une extension de sa conscience à ressentir la douleur des autres.
Comme indiqué auparavant, ce n’est pas toute la vérité que la flagellation de Jésus devient une « étape d’initiation » de l’être sur le chemin d’une plus grande perfection. Ce pas-là avait déjà été mis au monde lors de la dernière cène (Matthieu 26, 26-29). Ce dernier repas en commun*) est un meilleur symbole pour ce que Jésus offre à l’humanité souffrante. Le pain représente la substance (resp. l’âme) de Jésus-Christ, de la « Parole ». Le vin symbolise l’esprit divin du Christ, qui rend vivante cette parole par son action altruiste. L’Eglise Catholique a surtout mis en avant la transformation de la substance du pain en Chair du Christ, et du vin en Sang du Christ, alors que les Eglises Evangéliques mettent en avant le Souvenir du Christ, « Faites-ceci en mémoire de Moi ». Les deux ont raison, puisque l’examen scientifique d’eau bénite a révélé une transformation de l’angle des molécules d’eau. Le facteur le plus important reste la transformation du receveur, du participant, qui accepte de s’ouvrir à ce que lui apporte la vibration de la « Chair et du Sang du Christ ». Le pain et le vin sont des vecteurs externes. Certaines personnes tentent de se syntoniser purement à l’aspect spirituel, sans la matière du pain et du vin, et y réussissent, bien que ce soit plus difficile. Et si quelqu’un voulait pratiquer une sainte cène, sans sacrement de l’Eglise, on appellerait ce repas une « Agape », un repas d’amour.
La flagellation peut également être vue comme une réponse caricaturale de certaines forces extérieures ignorantes de ce qui était réellement en jeu, et ne doit pas nécessairement avoir une place aussi centrale. Il en va de même pour la couronne d’épines. Parfois, la représentation dans l’ancien ésotérisme chrétien, trop axée sur la douleur, se comporte comme, par exemple, l’ancienne manière d’enseigner de Jean Baptiste par rapport à la nouvelle façon d’enseigner de Jésus et de ses disciples. L’être humain est libre de choisir lequel de ces chemins il désire suivre.
*) Les pages allemande et anglaise contiennent une page complémentaire.
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Le couronnement d’épines et les discours d’adieu.
Etant donné que la flagellation était l’une des peines habituelles appliquées chez les Romains, l’interprétation de sa symbolique dans le sens des cultes des Mystères pré-chrétiens devient secondaire. Par contre, la couronne d’épines – Jean 19, 2-3 – une autre symbolique de ces Mystères, ne fait pas partie du « répertoire » des peines habituellement infligées par les Romains. L’ironie est clairement visible : des épines à la place de l’or… Reste à savoir pourquoi les soldats romains se relient aussi fortement à la tradition des Mystères, même s’ils n’en étaient pas conscients eux-mêmes. Même s’ils avaient été conscients de la signification extérieure, et en sachant que de nombreux soldats étaient des adeptes de cultes, ils n’auraient pas pu réduire le Christ à leur vécu intérieur habituel. La couronne en or représente clairement un symbole extérieur de puissance et de royauté, et la couronne d’épines caricaturale est un symbole qui démontre la maîtrise (royauté) du Christ dans un monde qui n’est pas de ce monde et qui ici-bas, ne valait rien. Et les pointes acérées des épines pénétraient dans le cuir chevelu et la tête. Ici également, au-delà de la douleur, nous voyons se profiler une force qui avait surpassé toutes les hésitations de la pensée. Les doutes s’étaient manifestés avant le moment de la décision irrévocable de Jésus de « boire la coupe jusqu’à la lie ». La flagellation et la couronne d’épines viennent à la suite du lavement des pieds. et le ressenti et le savoir qui en découlent sont « sanctifiés ».
La tendance du dépassement de soi quelles que soient les circonstances, qui est illustré ici, tisse des correspondances avec les nouveaux mouvements tels que les mouvements en faveur de la paix et de l’écologie, et les efforts spirituels visant à guérir la Terre*.
De même que la flagellation, le couronnement d’épines représente une réaction caricaturale des forces d’opposition. Le pôle positif, en direction d’une ouverture spirituelle, et le fait de se dépasser, sont exemplifiés dans les discours d’adieu, p.ex. Jean 13, 31-17, et dans la rencontre avec Pilate, p.ex. Jean 19, 5.* (* qui dit « Voici l’homme » ; L’approche méditative, procure comme une prémisse de Jésus, le Christ, en tant qu’image - archétype de l’être délivré). Les paroles de Jésus avaient force d’actes.
A la lumière de ces interprétations, il pourrait être utile de tenir compte de ces bases constructives, lorsqu’il est question d’« initiations chrétiennes ou étapes de développement ».Retour à l’index de cette page.
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Les points de vue par rapport à la crucifixion et à la mort de Jésus sont encore plus divergents que les autres étapes de sa vie, d’une part, à cause de la valeur qui leur est accordée par l’Eglise, d’autre part, parce que les « interprètes » voulaient tout incorporer dans leur vision du monde respective. P.ex. Jean 19, 12-37.
Les mouvements gnosticiques en marge du pré-christianisme étaient d’accord de traiter le sujet de Jésus, mais sur la base de leur ancien fond grec ils ne pouvaient pas admettre ni imaginer qu’un tel Etre de Lumière puisse avoir été mis au monde par une femme ni qu’il ait pu mourir. Par conséquent, un peu comme les anges ou comme on l’a attribué plus tard à de nombreux maîtres orientaux, il devait être devenu visible ou s’être matérialisé dans un corps de chair fictif, qui n’était pas mortel mais qui fut simplement dissolu. Etant donné que dans leur enseignement, le monde matériel était considéré comme mauvais à tout jamais, il leur était incompréhensible qu’un tel Etre puisse traverser toutes les étapes d’une vie terrestre ou les illuminer de Sa présence. Le terme « gnosticique » est utilisé en opposition à la gnose apostolique, une différence reconnue même par le critique des sectes F.W. Haack. Il existe diverses variantes au sein de ces diverses écoles d’enseignements : « l’Evangile de la Vérité », par exemple, un évangile gnostique, reconnaît que Jésus fut crucifié.
Des personnes avec des penchants plus matériels ou plus incroyants ont diffusé des légendes, du style : Jésus aurait été un fils illégitime d’un soldat romain, ce qui, pour l’époque, était le summum de la disqualification. On spéculait également que Jésus n’était peut-être pas mort sur la croix, mais qu’il aurait été soigné et qu’il aurait guéri. Jusqu’à nos jours, il y a eu des tentatives pour situer le tombeau d’un homme nommé Jésus au Cachemire, où il serait mort à un âge avancé, et on essaie de relier au Jésus historique. D’après la littérature moderne, au moins une autre tombe de Jésus se trouverait en un lieu d’Europe encore non dévoilé. Il faut tenir compte du fait que le nom de Jésus, aussi appelé Jehoshua, Jeschua, Jesat, n’était pas unique. Dans les écrits apocryphes (qui n’ont pas été repris dans les textes bibliques) plusieurs Jésus sont mentionnés: Jésus Sirach, Jésus ben Pandira, sans compter que selon l’interprétation de R. Steiner, comme nous l’avons déjà mentionné, il était question de deux garçons Jésus distincts mais en relation entre eux.
Il y a également des résultats scientifiques contradictoires en ce qui concerne la datation et l’authenticité du Saint Suaire qui se trouve à Turin. On apprend par exemple que l’on y aurait détecté des pollens qui sont attribués à l’époque et à la patrie de Jésus, puis on lit qu’une autre analyse du Suaire en aurait déterminé l’époque comme étant le Moyen-Age ; on dit que l’image du corps Jésus dans le suaire n’aurait pu être imprimée que par une radiation hautement énergétique, puis d’autre disent que des traces de sang indiqueraient que Jésus vivait encore lorsqu’on l’a descendu de la croix… Les analyses plus récentes plaident en faveur de l’authenticité du suaire et de la création mystérieuse de l’empreinte du corps de Jésus. Notre logique humaine peine à approcher la grandeur et la réalité de la manifestation du Christ (voir également le chapitre sur les miracles et le chemin du disciple Thomas). Chez Lorber, ce n’est que l’habit de Triène qui est traité de faux, mais dans le but avoué de chercher la foi à l’intérieur et de ne pas la laisser dépendre de théories ou d’artefacts externes.
Ces recherches ont le mérite de stimuler les méditations individuelles. Il s’y amorce une réflexion qui n’entre dans aucun schéma (voir aussi Grönbold « Jésus en Inde – la Fin d’une légende » - et les écrits de Margarete Eckel, A-6300 Wörgl, « Mort sur la Croix » (en alemand).
Il a déjà été constaté que les témoignages des mystiques sont souvent une aide plus efficace pour résoudre la question de la signification des événements d’autrefois, par rapport au développement actuel de l’humanité et pour se rapprocher de leur symbolisme. Plus une personne vit d’expériences spirituelles, mieux elle comprend. Prenons par exemple les mystiques chrétiens et les stigmatisés : on découvre un lien de parenté entre les récits et les circonstances entourant la vie de Jésus, qui ne sont pas mentionnées dans la Bible, mais qui se ressemblent entre eux : depuis St François d’Assise, jusqu’au Padre Pio et Thérèse de Konnersreuth. Ils sont tous d’accord que la crucifixion du Christ a été réelle et sa mort aussi, et qu’elle est imprimée « au fer rouge » dans notre monde ; mais qu’au-delà de l’insoutenable souffrance, une glorieuse force rédemptrice peut également être ressentie. Vu le caractère exceptionnel et existentiel de la crucifixion, le point de vue de ces Saints est certainement plus valable et parlant qu’une approche purement intellectuelle. La thématique de la vie et de la mort concerne tous les plans de l’être, y inclus le plan « causal », celui qui génère les principes et le destin. Même des personnes qui ne sont pas aussi liées à Dieu par un lien mystique peuvent utiliser les événements de manière méditative comme un pont vers la réalité, aussi imparfaite soit-elle. Par ses paroles au brigand qui était crucifié en même temps que lui, Jésus dit à ce dernier qu’il se retrouvera bientôt « au Paradis avec lui », faisant allusion à la possibilité d’un chemin rapide.
La pénétration consciente des plus profonds processus de l’existence humaine, liés à la souffrance, à l’accablement et la dégénération, peut prendre place, comme une opportunité réelle et actuelle, peu importe dans quelle mesure.
Même si ce potentiel n’est pas lié à une saison ni à un lieu géographique, Pâques semble en faciliter la compréhension. C’est un peu comme si une nouvelle octave s’était imprimée au-dessus d’un ancien rythme traditionnel de mort et de renouveau, à travers le Christ.
Déjà dans le cas de Lazare, il est clair que Jésus ne reconnaît plus les barrières tacitement valables jusque-là : celles du « mur » entre la matière et l’esprit. Quelles que soient la résistance, l’inertie ou la négativité : rien, à part Dieu, n’est immuable à ses yeux, tout est transformable. Et nous savons par expérience que, plus ce qui doit être transformé est inconscient, plus les forces qui l’influencent doivent être puissantes.
Lors de la crucifixion, il y a également mention, aux côtés de cette immense force de dépassement, d’une conscience universelle, par exemple par les paroles sur la croix, qui culminent dans la phrase « Tout est accompli ! » L’amour universel qui se dégage et se manifeste ici, le sacrifice d’amour, n’est pas suffisamment honoré par la vieille théologie et sa formule quasi-juridique d’un « rachat de nos péchés » par le sacrifice de Jésus. Cette notion (de rachat de l’homme par Jésus), appliquée à notre temps, peut représenter une tentative pour la rendre plus compréhensible pour l’intellect rationnel, mais à l’origine, il aurait pu s’agir d’une